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SCÈNE IX

Les Mêmes, EURSTEMBERG.

ANGO

Vous, ici?., le ciel soit loué!

FURSTEMBERG

Je viens d'apprendre que vous étiez condamné a quitter Paris... (a part.) Sept heures vont sonner !

ANGO

Encore un service , seigneur ! Vous avez reconduit hier ma femme chez sa parente n'est-ce pas ? allez lui dire qu'il faut que je parte et qu'elle me suive à Dieppe... Vous pouvez compter sur une éternelle reconnaissance.

Hélas! je crains bien que vous ne partiez seul... votre femme....

ANGO

Serait-elle morte ? grand Dieu !

FURSTEMBERG

^ Recueillez donc tout votre courage!.. Vous n'avez pas eu de nouvelles de votre femme depuis que vous êtes en prison?

ANGO

Non!

FURSTEMBERG

Elle n'a point cherché à pénétrer jusqu'à vous, a vous faire arriver la moindre consolation ?

ANGO, avec chagrin.

Cela est vrai !.. mais les geôliers s'y sont opposés, sans doute?

FURSTEMBERG

Non!., votre femme vous a oublié!

ANGO , vivement.

Mensonge!., mensonge!..

FURSTEMBERG, froidement.

Vous en croirez mieux, sans doute, vos propres yeux que mes paroles!

ANGO

Voyons!.. Malheur à toi si tu me trompes' . Si tu dis vrai, malheur aux deux autres!

FURSTEMBERG , à part.

Bien! bien! (Haut.) Tenez, regardez ce patois illuminé en face... Là, il y a un bal, vis-à-

vis de la génie qui est ici... Les condamnés d'ici pourront voir danser leurs juges là-bas ! Approchez-vous donc de cette fenêtre et fixez vos regards sur la porte de ce palais voisin. Vous n avez pas un quart-d'heure à examiner, peutêtre pom- voir vous-même la preuve d'une grande trahison !

(lisse dirigent vers la fenêtre au fond du théâtre.) AiNGO.

Que vais-je apprendre, mon Dieu? (Après

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avoir regardé un instant.) Que me font tous ces seigneurs , et toutes ces dames ?

FURSTEMBERG

Patience!... Tenez, venez-vous ce beau cavalier qui l'accompagne ?

ANGO

Je ne le connais pas.

FURSTEMBERG

C'est un compagnon du roi... Connaissez-vous ces deux dames qu'il fait sortir de la litière J Cette vieille?..

A.MiO.

0 ciel !

FURSTEMBERG

Et la jeune maintenant?

ANGO

Ma femme !

FURSTEMBERG

0»i va au bal du roi , avec sa tante, sons li s auspices de ce jeune courtisan. J'ai su cela . et je suis venu vous l'apprendre, me croyez-vous maintenant:'

ANGO

Au bal, quand je suis en prison!... Mais cest un rêve! uw erreur de mes sens... I es yeux peuvent s'abuser... EU,, à une fêle, quand

je suis en proie à toutes les douleurs ! mais c'< ^t impossible.

FURSTEMBERG

Elle n'est pas encore entrée , regardez.

ANGO, après a\oir regardé.

Plusde doute, c'est elle, elle que je vois. mon Dieu! (Il ébranle les barreaux de la fenêtre.) Malédiction sur elle et sur moi ! Je vais l'aller chercher moi-même.

Il veut s i tir. )

l'officier.

Impossible, l'armateur! Vous ne pouvez sortir librement, et il faut nous suivre.

W(iO.

Vous suivre! que dites-voos ? Mais il faut que je la voie , elle , il faut que je lui parie, que je la lue... oii! je suis an insensé, ma tête s'égare, mes genoux faiblissent. A moi: (Il s'appuie sur le comte.; Cli! je l'aimais tant... .le sens là que j'en nourrai.

iTEMBERG.

Oubliez celle infidèle, el retournez, à Dieppe. ANGO , avec explosion.

Oh! je me vengerai me vengerai.

PI R81 BMBKfiG.

De qui.1 Retournez donc à Dieppe, puisque vous j eies forcé ! Moi. qui peux rester ici. je saurai quel est le complice, je VOHS le dirai... el alors... vous vous vengerai !..

Merci : Funeste voyage '.. (ruelle trahison '. Que je suis malheureux !

L OFFICIER, sur une nouveau signe de l uiiiiui

berg.

Allons . parlons .

Je vous attends à Dieppe, Je vous attends.

mille tonnerres !.. je

FURSTEMRKRC.

J'ai donc trouvé rhomme qu'il me fallait !... ayant le vouloir et le pouvoir de la vengeance ! 11 faut maintenant que cet homme me tue le

roi , et qu'il livre Dieppe aux Anglais , les alliés de mon maître... Allons donc au bal présenter sa femme à François 1"!..

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