‹ ThéâtreChapitre 440 sur 846 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les Mêmes , ANGO.

(Il entre en scène tout échevelé.)

TOUS , avec terreur.

Ango!..

ANGO , courant à Gallies.

Gallies!... mon compagnon, mon frère!...

Gallies, mon pauvre matelot!.. Arrière, bêtes féroces!.. Que vous a-t-il fait pour le déchirer?

GALLIES.

Ango, pardonne-moi!.. J'ai mal défendu ta maison... mais c'est que j'étais seul contre eux tous... Seul!., tout seul!

ANGO

Dans mes bras , mon ami ! (Us s'embrassent.) Du sang après tes vetemens...' du sang!.. Le tien sans doute !.. Oh ! dis-moi , 'dis- moi qui l'a versé; et parla femme qui nous" a nourris tous

deux , je te jure , Gallies, que tu seras vengé... (Il regarde tout le monde qui se tait et baisse les yeux.) Quelqu'un d'entre vous, assassins et pillards que vous êtes, n'osera-t-il point répondre pour lui?.. Eh quoi! parce qu'au lieu d'un homme contre vous il s'en trouve deux maintenant, vous avez peur, vous tremblez!... vous fuyez !..

SECOND MATELOT, au Marchand.

Eh bien ! maître! parlez-lui donc à cette heure. GALLIES, bas à Ango.

C'est un coup monté contre toi par les marchands.

ANGO

Que disent-ils?

GALLIES.

Que tu es un tyran , un avare ; que tu veux le gouvernement de Dieppe.

ANGO

Pauvre peuple !

GALLIES.

Tiens, regarde comme ils ont arrangé ta maison ! (Bas.) Heureusement que j'ai sauvé le trésor; il est enterré dans la cabane de ma mère. ango , lui serrant la main.

Bon Gallies!.. (Pendant ce dialogue, les matelots, ouvriers, etc., ont commencé à se retirer, Ango court à eux et les arrête.) Restez ! je le veux. LE MARCHAND, brusquement.

Encore nous commander !

ango.

Ne suis-je plus votre prévôt?.. M'avez-vous déjà remplacé?.. Alors qu'il vienne celui qu'on a jugé plus digne que moi ; qu'il vienne donc !..

PREMIET, MATELOT.

Allons donc... criez vive Ango !

ANGO

Silence!.. Écoutez-moi!.. Peuple de Dieppe! vous avez la mémoire bien légère... Deux semaines vous ont sufli pour oublier mes services... La leçon est rude ; j'en profiterai... Au reste, il n'y a ici ni premiers ni derniers... les droits sont égaux : !a parole est libre pour tous... Je me tais à mon tour... A mes accusateurs de parler.

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