‹ ThéâtreChapitre 443 sur 846 · ALLIES · texte numérisé non relu

ALLIES

Mon pauvre Ango!

vngo.

Oh! je n'avais qu'une injure sur le cœur, quand Parmentier est venu n'apprendre le massacre de mes malheureux matelots... Maintenant, maintenant j'en ai mille... plus sanglantes que la première... Ils me les paieront cher... je te jure. Ah! je suis un fou qui fait rire... un pauvre homme qui ne vaut pas la peine qu'on le juge... un mendiant que l'on chasse , quand il s'avise de demander l'aumône à la justice du roi... Allons, majesté royale, voyons ce que dira Lisbonne des plaisanterie.-- de votre fou !.. GALI.ll S.

A la bonne heure ! A propos... et ta femme... où est-elle? J'espère qu'il ne lui sera rien arrivé dans tout cela.

ANGO

Ma femme?.. Je n'ai plus de femme, Galbes... ils me l'ont prise... Tombée dans leur enfer, elle s'y est damnée comme les autres... Je suis allé me déshonorer deux fois à la cour de France. Et cette Hotte qui tout à l'heure va courir sur Lisbonne, ne rachètera que la moitié de L'honneur d'Ango... Gallies! Gallies! que je suis malheureux !..

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SCÈNE Y- Les Mêmes, le LIEUTENANT de l'Amirauté, MATELOTS, puis, après, le Comte de FURSTEMBERG.

gallies , se levant.

Eh bien, quoi?., qu'est-ce qu'il y a?., est-ce que nous ne sommes pas encore tranquilles?

PREMIER MATELOT

Dame! c'est le lieutenant de l'amirauté, qui prétend que l'on n'a pas le droit. (Au Lieutenant.) Tenez , au fait ! voilà le maître ; expliquez-vous avec lui...

ANGO , au lieutenant.

Que voulez-vous, monsieur?

LE LIEUTENANT

On vient de m'apprendre que vous armez une. flotte contre le Portugal.

ANGO

On ne vous a point trompé, monsieur...

Après ?

LE LIEUTENANT

Je dois m'opposer à cet armement.

ANGO

Vous croyez !

LE LIEUTENANT

C'est mon droit.

ANGO

Dites votre devoir, à la bonne heure !.. Enfin, où voulez-vous en venir ?

LE LIEUTENANT, balbutiant.

Au nom de sa majesté très chrétienne François I" , roi de France , duc de Normandie , fils aîné de l'Eglise , je vous somme d'exhiber les ordres du roi , votre seigneur et le mien , qui vous autorisent à l'armement d'une flotte contre

le Portugal , déclarant qu'à votre refus, vous serez proclamé traître et félon envers la couronne, et traduit comme tel devant la haute cour de l'amirauté.

(.'est magnifique, monsieur le lieutenant... Combien sa majesté très chrétienne vous donnét-elle pour me débiter ces belles choses?

LE LIEUTENANT

Maître Je suis émolu à cent écus par an.

Si vous voulez me faire le plaisir de vous taire, vous aurez deux cents écus; si vous me faites l'honneur d'entrer à mon service...

LE LIEUTENANT

Maître, mon devoir...

ANGO

Ah! oui... votre devoir... c'est juste... j'oubliais... Mais j'ai le droit de vous faire pendre ; n'est-ce pas , matelots ?

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