UN MARCHAND NOTABLE
Ango , un courrier de Lisbonne est arrivé à l'Hôtel-de-Ville.
ANGO , à part.
Tout est perdu !
LE NOTABLE
Ta flotte triomphante a vengé l'honneur du nom dieppois.
GALLIES.
Je l'avais bien dit.
LE NOTABLE
La lière capitale des Portugais a baissé ses drapeaux devant ton pavillon. Au nom de leur ville , les notables de Dieppe te remercient. Us te proclament le premier , le plus grand d'entre eux ; et, pour récompenser dignement l'éclatant service que nous a rendu ton génie , ils te nomment par ma voix commandant du château et gouverneur de la cité , sauf l'approbation de notre bienaimé monarque.
ANGO , à part.
Ta justice est grande, ô mon Dieu! après l'affront tu m'envoies la vengeance. (Aux Notables.) Nos braves matelots on tait leur devoir , messieurs ; ils ont glorieusement soutenu la renommée de notre patrie , ils nous ont donné l'empire des mers ; c'est en leur nom que je reçois vos remercîmens Vous m'avez jugé digne de vous commander, je suis lier de cette distinction ; et et je l'accepte , quand même. Le libre suffrage d'une ville, qui se choisit un chef, s'impose au trône et n'en relève pas.
LE NOTABLE
Sur ton acceptation , nous devons déposer à tes pieds les clef de la ville et du château. (Deux notables s'approchent, portant les clefs sur des plats d'argent. Ils vont s'agenouiller.) ANGO.
Debout , messieurs, debout!,, c'est à celui qui reçoit le commandement de s'incliner devant ceux qui le donnent,
(Il touche les clefs en s'inclinant.) TOUS LES NOTABLES.
Vive Ango !
LÉONARD
O Médicis ! Médias ! cet homme est plus grand que vous.
(Entrent les hérauts d'armes. Fanfares de triomphe.) UN HÉRAUT.
A toi, Ango le marin, citoyen de Dieppe ! Le très haut et très puissant seigneur François I", roi de France, duc de Normandie, t'annonce que nous amenons en ta présence l'illustrissime don Francisco Paez, ambassadeur de sa majesté très fidèle, Jean, troisième du nom, roi de Por-