‹ ThéâtreChapitre 466 sur 846 · MARIE, ANGO, FURSTEMBERG · texte numérisé non relu

MARIE, ANGO, FURSTEMBERG

ANGO, en costume magnifique, ayant la gaine vide de son poignard. Il prend brusquement sa femme par la main et la reconduit de l'autre côté du théâtre, où il la fait asseoir dans un fauteuil.) Vous y serez, madame, (a Furstemberg.) Comte de Furstemberg (Furstemberg s'approche), la similitude de nos maux a établi pleine confiance entre nous : vous m'avez ouvert votre cœur, et vous avez lu dans le mien; vous avez appris mes secrets , et vous m'avez dit les vôtres... nous nous sommes communiqué notre haine , nos projets de vengeance contreleméinehomme, mais je ne vous ai pas demandé ce que vous aviez fait de votre femme adultère. (A Marie qui veut se lever.) Restez et écoutez!.. (Au Comte.) Qu'eu avez-vous fait?

FURSTEMBERG

Elle est morte...

ANGO, à Marie.

Priez Dieu , madame !

marie, à part.

Je suis perdue...

Morte!.. Et comment?

FURSTEMBERG, lentement.

J'avais surpris un rendez-vous entre elle et le roi , je les aurais tués tous deux... mais elle prévint ma vengeance... avec une bague mexicaine qui me venait de l'empereur... et qu'elle adonnée en mourant à son royal amant.

MARIE , à part , vivement , regardant sa main.) Le roi m'en a donné une aussi, à moi, en échange de la mienne.

FURSTEMBERG, lentement.

Dans cette bague à chaton de diamant...

M vrie, à part, regardant sa bague.

Serait-ce la même, mon Dieu?

FURSTEMBERG, lentement.

11 y avait du poison...

marie, à part, ouvrant le chaton de sa bague. 11 en reste. . .

FURSTEMBERG

Un poison terrible qui a fait justice de l'adultère !

MARIE

Un poison terrible !

ANGO

Vous avez entendu... justice a été faite de l'adultère.

MARIE, à part.

Justice sera faite.

(Elle veut rentier dans l'oratoire).

ANGO

Restez encore, madame !.. Je reçois à ma table sa majesté le roi de France ; ne devez-vous pas partager cet honneur? mais à ma droite, madame... à côté de moi... toujours... et pas un mot! pas un signe!., ou je vous tue l'un et l'autre... je le jure par ma mère... Et maintenant, Comte, rendez-moi mon poignard!

(Il reprend son poignard.) FURSTEMBERG.

La roi a des soupçons... prenez garde !

ANGO

Mon visage sera comme ma volonté, comte de Furstemberg, inflexible! (A deux pages qui entrent.) Ouvrez!

(Sur l'ordre d'Ango, les rideaux s'ouvrent et la fresque du fond ayant disparu , laisse voir aux spectateurs la continuation la plus magnifique possible de la galerie. Des tables couvertes d'or et d'argent. Des girandoles répandant des flots de lumière.)

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