LÉONCE, LE CHEVALIER
le chevalier. Te voilà tout rembruni par ton bistoire, et j'ai regret de te l'avoir demandée ; mais j'avais un but.
LÉONCE. Lequel? LE CUEVALJLEU. J'avais deviné que tu
étaisamoureux,eleonimeioui est commun entre nous depuis fort long-temps, je me figurais que nous aimions la meine femme.
léonci: Te reste-t-il des doutes?
le chevalier. Ah! mon cher, ma jalousie n'était pas extravagante! je serai
moins discret que toi c'est de M"'c de
Lalaing que je parle, une flamande sentimentale ; qui te regarde avec beaucoup de faveur ! c'est au point que pour m'insinuer dans sa confiance , je n'ai pas trouvé de meilleur moyen que de me faire passer pour toi : oui, je me suis informé près du vieux Joseph , du domino que tu devais porter à cette fête , et je m'en suis fait faire un identiquement pareil; doublé de rouge, aveedes nœuds etdesaiguillettesde la même couleur. Dans une heure , le geai se parera detesplumes; je m'approcherai, sousce travestissement, de la dame de mes pensées; et je parie que cette méprise...
LÉONCE. Quel projet!
le chevalier. Tu ne t'y opposes pas?
LÉONCE. D'autant moins que je m'en irai dans une heure.
LE chevalier. Bravo ! j'attendrai ton départ; voilà un ami! ah! Mondoville, quand trouverai-je l'occasion de me faire tuer pour toi !
(Ils sortent.)
DU VAL , DURESNEL , puis DE SAR- TINES.
(M. Duval amène M. Duresnel et se retire pour aller chercher M. de Sartines.)
DURESNEL , seul. Avec quelle affectation railleuse cette femme que je n'ai pu reconnaître murmurait à mon oreille le nom de Mondoville!... je suis sûr d'Antoinette, et ne puis m'arrèter à une calomnie anonyme .. il a loué sous un faux nom un appartement vis-à-vis le mien ?.. je ne suis pas jaloux ; mais je m'en informerai !...
DUVAL, rentrant avec M. de Sartines.
Monseigneur , voici monsieur. Personne ne nous a vus. Je vais me tenir aux environs... s'il paraît quelqu'un, je frapperai trois coups dans la main.
(Il se retire.) soe«aeeo«&oaoqeoooooQi<ooooeB«ee<iaooeaee3egia