SCENE VI
LÉONCE , UN MASQUE inconnu*.
LÉONCE. Que me veux-tu ? parle.
le masque. Un moment d'entretien.
LEOxce. Qui es-tu ?
le masque. Quelqu'un qui va te donner un avis.
léonce. Un avis!
le masque. Salutaire.
léonce. Qui que tu sois, ceci n'a pas l'air d'une intrigue de fête masquée. Je ne veux pas t'entendre. Si tu as à me parler , viens chez moi ; je m'appelle Mondoville.
LE MASQUE. Comte de Mondoville , j'ai entendu , derrière ce massif d'arbres, la conversation que tu viens d'avoir avec Chabanne, Bussy et un autre. Tu leur as raconté une histoire terrible.... terrible à cause du danger qu'il y a d'en parler. Trois personnes sont mêlées dans cette histoire: l'une, c'est toi ; l'autre, c'est moi; la troisième, c'est une femme dont tu n'as pas voulu dire le nom ; ta discrétion te sauve la vie ; ne révèle jamais ce nom ; ne le murmure pas dans l'oreille de ton meilleur ami, dans l'oreille du roi, dans l'oreille d'un prêtre, si tu ne veux pas que la branche collatérale des anciens barons de Mondoville soit appelée à recueillir ton héritage. Voilà ce que j'avais à te dire. Adieu.
LÉONCE. Demeure à ton tour ; si c'est une comédie que tu joues, je t'avertis qu'elle m'offense ; si tu parles au sérieux, qui t'a mis dans cette folle idée que tu pourrais me faire peur? Ah! tu me défends de prononcer le nom de ta maîtresse. . tu es donc le plus mortel ennemi de sa réputation?
LE MASQUE, lui saisissant la main. Situ n'es pas le plus mortel ennemi de toi-même, tu ne diras pas un mot de plus!..
LÉONCE. Laissez-moi, monsieur ; je vous trouve bien hardi... Est-ce que vous êtes gentilhomme?
LE MASQUE. Est-ce que tu l'es, toi, qui viens surprendre, comme un espion, des
* Le masque, Léonce*