‹ ThéâtreChapitre 516 sur 846 · ANTOINETTE, DURESNEL · texte numérisé non relu

ANTOINETTE, DURESNEL

ANTOINETTE , pâle et chancelante. Qui m'a appelée ? me voici.

DURESNEL. Antoinette!.... c'est toi?....

c'est Dieu qui t'envoie!... oh! je t'accusais à tort, n'est-ce pas? Quel regard !..

ANTOINETTE. Je sais tout!

duresnel. Madame...

ANTOINETTE. Mon père m'avait envoyée chez lui, niais la voiture n'avançait pas... '

Marie était troublée en me répondant...

j'avais le cœur plein de pressentimens sinistres! une voix, celle de la fatalité, nie rappelait ici. Je suis revenue en secret par cet escalier dont j'avais fait faire la clef., un bruif de paroles m'a frappée... je me suis arrêtée, là, derrière cette porte... j'ai presque tout entendu , sans pouvoir jeter un cri , sans pouvoir faire un mouvement... mourante!... Que disiez-vous donc? Pourquoi cette colère?... pourquoi détournez-vous les yeux?... [Elle aperçoit la lettre (pie Jaffier a jetée sur une tabh.) Ah ! mon père avait raison... vendue * !...

duresnel. Madame , nous avons de grandes fautes à nous pardonner l'un et l'autre, et la responsabilité de touteeci doit retomber sur celle qui, la première, fut coupable !..

Antoinette. Moi, coupable ! ah ! quand il serait vrai !.. mais, maintenant plus que jamais, il m'importe de me justifier!... Pourquoi je suis allée chez M. de Mqndoville? pour obtenir de lui la grâce de mon père, dans lequel il poursuivait le meurtrier deM.deGondrecourt!.. Vous ignoriez les motifs de la haine que Jaffier porte au nom de Mondoville... Eh bien ! c'est qu'il y a eu une rivalité 'sanglante entre lui et le père de Léonce!... c'est qu'ils ont aimé la même femme !.. Maîtresse de Léonce... moi!... sacrilège!... Mais, monsieur, je savais que j'étais sa sœur!...

duresnel. Sa sœur!...

Antoinette. J'en aides preuves; mais à quoi bon vous les donner, à vous qui n'avez pas voulu m'accorder une heure pour me résigner à vous dire : « Mon père » est coupable d'un meurtre , et je le dé- » nonce! j'ai fait un serment à ma mère, » et je le trahis ! »

duresnel. Sa sœur ! . . oui. . . je vois tout. Je vous ai cruellement offensée ; mais consolez-vous ; votre père vous venge , et je reconnais que ma mort est juste!

Antoinette. Vivez , monsieur, vivez; c'est à moi de mourir!...

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