SCENE VII
EULALIE, CÉLESTINE
CÉlestine. Et puis toutes ces idées-là te rendent injuste envers ton mari... elles aigrissent et dénaturent ton caractère... cela prend sur ta santé... tu n'es plus gaie... tu es moins aimable... Tiens, pendant que le roi distribuait les croix, les médailles... je te regardais... tu étais alors bien loin du tableau... les yeux de ma tante ne quittaient pas la distribution... et toi, tu paraissais n'y prendre aucune espèce d'intérêt... tu pensais à toute autre chose... je t'ai vue successivement rougir, pâlir, trembler...
EULALIE. Ah! ce que je venais d'entendre était affreux.
CÉLESTINE. Quoi donc ?
eulalie. Deux personnes qui s'étaient détachées du groupe qui suivait le roi causaient assez haut, assezprèsde moi, pour que je ne perdisse pas une seule de leurs paroles.
CÉlestine. Eh bien!
eulalie. Ces messieurs s'entretenaient d'un malheur arrivé à Besançon... d'un mari qui , dans un transport de jalousie, avait tué sa femme.
CÉLESTINE. Est-ce bien vrai?
eulalie. M. de Ronçay en serait capable.
CÉlestine. Ton mari !