LE BARON, DUBREUIL, EULALIE
l>UBRV.uiL,s'ai>Gitç au', les prend. Des preuves!., tu n'en as plus.
Il les déchire et les jette au feu.
LE BARON , avec colère. Dubreuil...
DUBREUIL, l'arrêtant. Ne te dérange pas.
EULALIE, àpart. Ah !
LE BARON, furieux. De quel droit?..
dubreuil. Ne t'ai-je pas dit... je serai toujours là pour la plaindre ou pour te consoler?
li; baron. Va, va, ces preuves ne seront pas les seules... je découvrirai l'objet des pensées de madame!..
dubreuil. Est-ce que les femmes n'ont pas toujours un être de fantaisie qu'elles se créent en opposition avec leurs maris, qu'elles parent de toutes les qualités qui manquent à leurs époux?... elles occupent leurs momens de loisir en écrivant à cet être.-, qui n'existe pas... en pensant à cet être... qu'elles ne verront jamais.
LE baron. Dubreuil... je t'engage pour l'avenir à ne plus t'immiscer dans nos que- 1 elles.
dubreuil. Je ne t'écoute pas.
*le baron. Et vous, madame, le temps de l'indulgence est passé... ce n'est plus un époux qui vous parle... c'est un maître, dont les ordres sévères seront désormais fidèlement exécutés. Je ne vous quitte plus.
dubreuil. Et tu crois que c'est là le moyen de te faire aimer?... Parce qu'il a plu à ta femme de jeter quelques pensées isolées sur le papier , quelques phrases peut-être empruntées aux romans dont elle faisait sa lecture... te voilà résolu à te faire son geôlier... Mais réfléchis donc... quel sujet t'a-t-elle donné de te plaindre? Je l'ai toujours vue soumise à tes moindres volontés... abandonnant le monde pour te tenir compagnie... depuis deux ans elle s'est fait estimer, respecter de
* Dubreuil, le baron, Eolalie.
tous ceux qui la connaissent ; sa froideur pleine de dignité a éloigné d'elle tous nos jeunes galans...
le baron. J'en serai encore plus sûr quand je l'aurai sans cesse à mes côtés.
dubreuil. Prends garde... un mari qui serait adoré de sa femme.. . finirait par s'en faire détester s'il agissait ainsi...
le baron. Pour commencer, vous allez quitter Paris.
eulalie. Quitter Paris!
LE baron. Sur-le-champ.
eulalie , àpart. Grand Dieu !
le baron. Je vous emmène à mon château.
eulalie. Encore... me laisserez-vous bien le temps de faire ma toilette de voyage.
le baron. Vous êtes fort bien comme cela.
EULALIE. De prendre du linge.
le baron. La femme de chambre vous en apportera.
H reprend sa place.
eulalie , indignée. Mais c'est une tyrannie !
dubreuil, bas. Cédez!...
le baron. Toute résistance serait inutile.
EULALIE, dans le plus grand trouble. Vous voyez, monsieur Dubreuil, comme on me traite... voilà les bienfaits d'un mariage disproportionné...
LE BAR0\. Oh ! vous n'êtes pas au bout. [L'inquiétude d'Eulalie est au comble. Elit saisit la main de Dubreuil, et lui remet la clef sans rien dire. Le baron , près de la porte.) Eh bien ! madame?
eulalie. Me voici , monsieur.
Ils sortent.
SGEINE VII.