SCÈNE XIV
MATHIEU, DUMÉNIL, Voleurs en rouliers.
DUMENIL, regardant de tous côtés, à part.
11 doit être ici... ^baut.) Salut, monsieur Mathieu.
MATHIEU
Messieurs, c'est moi qui suis le votre...
DUMÉNIL, aux siens.
Placez ces barils... là... Il n'y a rien à craindre, n'est-ce pas, monsieur Mathieu?
MATHIEU
Qui voulez-vous qui touche à vos barils? (à part) C'est drôle, je n'en connais pas un.
DUMÉNIL
Pourriez- vous nous faire servir à souper? la route nous a donné de l'appétit... avec ça que les chemins sont si mauvais...
CARTOUCHE, à part-
Comment les avertir !..•
MATHIEU
Qu'est-ce que vous dites donc ?... ils sont magnifiques les chemins. Ah ! çà, vous serez un peu gênés aujourd'hui ; j'ai tant de monde ici...
DUMÉNIL
Oui, nous savons ce qui se passe; on dit que Cartouche est arrêté; est-ce vrai ?...
MATHIEU
Très vrai.
DUMÉNIL, apercevant Cartouche.
Le voilà !
CARTOUCHE, à part.
Us m'ont vu !
MATHIEU
Ça doit vous faire plaisir à vous autres qui êtes toujours sur la grand' route?
DUMENIL.
Grand plaisir, certainement... et il est sans doute déjà bien loin d'ici ?
MATHIEU
Non, il ne partira que demain; on n'est pas assez en force pour risquer de l'emmener de nuit.
DUMÉNIL
Ah!... (à part.) C'est ce que je voulais savoir, (haut.) Parbleu ! je suis enchanté de tout ce que vous me dites là. et nous allons boire en réjouissance d'une aussi belle capture.
fj»
CARTOUCHE
SCÈiNE XV.
LES PRÉCÉDENTS, JEAN, avec deux paniers de vin. JEAN.
Vlà du vin.
DUMENIL.
A table!... J'espère, père Mathieu, que vous allez trinquer avec nous?
MATHIEU
Ma foi ! ce n'est pas de refus, pour une circonstance comme celle-là.
DUMÉNIL
Et vous, camarades, vous ne nous refuserez pas non plus de nous faire raison ?
PREMIER ARCHER
Impossible!
DUMÉNIL
Mais vous ne quitterez pas votre prisonnier pour boire un coup.
DEUXIKME ARCHER.
La consigne nous le défend.
DUMÉNIL
Diable ! quel moyen employer? (bas ni siens.) Suivez tous mes mouvements et secondez-moi.
Us ont raison ; si on le perdait de vue un instant, on ne sait pas trop ce qui en arriverait.