SCENE IV
Mme LAROCHE, M»e GRANGER, DU- BREUIL, CÉLESTINE, GRANGER.
Mme GRANGER, furieuse. En voici bien d'une autre!
tous. Qu'est-ce donc?
Mme GRANGER. Le général qui ne veut pas voir sa femme !
CÊlestine. Quoi, ma tante!
Mme granger. Eulalie s'est présentée trois fois à la porte de la chambre de son mari . . . trois fois l'entrée lui en a été refusée. CÉLESTINE, inquiète. Et sous quel prétexte?
Mme GRANGER Aucun... j'étais outrée ...
et si ma fille ne m'en eût pas empêchée.. . je me serais moquée de la consigne, etj'aurais été moi-même faire une scène au général... refuser de voir ma fille '
CELESTINE. Ne vous affligez pas, ma ,.,, .'<■<;( ncut -être un excès de zèle de la
EULALIE ORANGER
part îles gens du baron, qui auront voulu épargner la sensibilité de ma cousine.
nmr laroche. Un caprice de malade...
DUBREUIL. \ u la position du général, il faut être indulgent, et lui passer quelque chose... la grande quantité de sang qu'il a perdue l'a beaucoup affaibli... sa tête a pu éprouver quelque dérangement.
Mm' GRANGER. Enfin ma fille a voulu tenter seule un dernier effort!., mais, si le résultat n'est pas tel que je le désire — si mon Eulalie subissait un nouvel affront, je ne garde plus démesure... j'éclate !
lu BiiEL'IL. Non, point d'éclat... point de bruit... tâchons, au contraire, d'empêcher que Us événemens de cette nuit soient exploités par une curiosité maligne... dont les suppositions malveiljantes auraient le plus funeste danger... J'ai, sur le crime qui a été commis , des idées différentes de celles du général, et je ne crois pas, malgré tout ce qu'on lui a fait dire, qu'il soit sur la trace du vrai coupable !.. Gardons encore un silence prudent... évitons surtout la présence de ces gens qui, dans l'exaltation de leur zèle, emprisonneraient vingt innocens dans la crainte de laisser échapper un coupable.
Mme LAitOcnï. Mais, puisque mon beaufrère vous dit qu'on a trouvé des lettres
des papiers !..
dubreuil. Et savez-vous ce que contiennent ces lettres, ces papiers?., savezvous s'ils appartiennent à celui qui les a perdus?., si celui-ci ne les a pas égarés dans le dessein de faire planer les soupçons sur un autre que lui?. . Ali ! quand ;1 s'agit de faire peser sur un homme une
accusation capitale quand il suffit
quelquefois d'un mot pour le faire condamner et l'envoyer, à î'échafaud... on ne saurait agir avec trop de réserve, de prudence!.. Hélas! quand un crime vient l'être commis, dans notre impatience à le renger, nous ne sommes que trop enclins à voir des coupables partout !..
>ime laroche. L'espèce humaine n'est pas indulgente...
^v^^ >« ■» ; »- 3oooaooooQoaooooc. ; ;■» ; ; ^ ^gaew t