SCENE XI
Les Mêmes, JACQUES.
JACQUES, en désordre, se jelaul aux genoux du général. Grâce!... grâce pour les coupables!... les coupables?... c'est moi. c'est vous !...
tous. Ciel!
le général. Que dis-tu ?
Jacques. Ce sont vos ordres que j'ai exécutés.
LE GÉNÉRAL. Tais-toi...
Mouvement général.
JACQUES. Non, monsieur, non... je ne me tairai pas... vous avez voulu faire de moi un misérable, un assassin.... Vous m'avez dit que des malfaiteurs avaient projeté de s'introduire chez vous... Dans l'obscurité, ayant entendu du bruit... j'ai tiré au hasard, bien plus dans l'intention d'effrayer les coupables que de les atteindre... et, quand j'ai su que c'était vous... ô mon Dieu! mon Dieu!., ah! j'ai perdu la tète...
j ai couru... suni savoir ou... je me voyais abandonné par vous-même... menacé...
poursuivi... j'avais la prison... l'échafaud devant mes yeux... Dans mon désespoir. .. j'ai voulu me détruire... Dieu ne l'a pas permis... la Providence me réservait la grâce d'expier mon crime. {Le généra? est affaissé, Etienne lui donne un siège., le général s'assied. Etienne sort). Au moment où j'allais me précipiter dans la rivière... un de vos domestiques est accouru au-devant de moi... il m'a appris que vos soupçons flétrissaient la plus digne, la plus respectable des femmes... il m'a montré la dénonciation qu'il allait porter lui-même au procureur du roi... ah ! je n'ai pas été maître de moi!... à la vue de cette ceuvie d'iniquité, de mensonge, j'ai terrassé, foulé aux pieds votre messager, je lui ai arraché ce tissu de calomnies. (// le jette aux pieds du général.) Ali ! du moins si la justice vient ici. eile saura la vérité!
DL'BREUIL. Brave homme!...
mmc laroche. Dieu soit loué! vous n'avez que ce que vous méritez, Charles.
CHARLES. Ma mère!
M"'e LAROCHE. D'après ce que vous venez d'avouer si vous approchez de Paris dedix lieues, je ne vous verrai de ma vie.
Charles. Je vous le jure.
Mme LAROCHE. Partons et laissons là cet homme...
Ils sortent tous trois.
EL'LALIE , avec un cri déchirant. Vous m'emmènerez, ma mère!... n'est-ce pas?
je ne vous quitte plus. ..
Mme CHANGER, lu pressant sur son sein.
Oui , nous l'emmènerons tu ne nous
quitteras jamais.
GRANGER. Jamais...
Mme GRANGER. Et si monsieur tentait de t'arracher des bras de ta mère, nous avons des lois qui ne lui permettront pas de ressaisir sa victime.
Ils sortent tous les trois.
JACQUES. Général, vous pouvez cherche] unautre jardinier.
Il sort.
LE GÉNÉRAL. Et lui aussi !
DURREUIL. Tout le monde te quitte, t'abandonne ; je te reste seul pour te plaindre, pour te consoler. (Dubreutl lui tend la main, le général se jette dans ses bras). Crois-moi, l'amitié est le lot des vieillards... l'amour n'appartient qu'à la jeunesse.
FIN
PARIS. «— IMPRIMEB.ÏJS J)fi Ve DOMDEy-DOPBK., RUE SAINT-LOUIS, AD MARAÉk
Acu; ni, scehë xviii
L'OFFICIER BLEU