‹ ThéâtreChapitre 632 sur 846 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

GERVAISE, JEAN, Paysans, Paysannes.

An lever du rideau l'orage est dans toute sa force ; tout le monde est à genoux devant une Vierge grossièrement sculptée, au milieu du théâtre, un peu a gauche du spectateur.

GERVaisf.. O vierge Marie, protégez-

nous!... sauvez mon pauvre Éloi qui est en mer, apaisez la fureur de la tempête, éteignez le tonnerre, si vous ne voulez pas que nies en fans soient orphelins.

JCW. O mon Dieu, entendez-nous; mon vieux père est allé aujourd'hui à la mer pour la dernière fois... faites-lui

MAGASIN THEATKAL.

encore; ne le laissez pas mourir loin de nous, mon Dieu, et que ses enfans puissent lui fermer les yeux.

Us [ment; Forage continue ; Marianne soit de la maison tenant sa petite Glle par la main.

CERVAISE. Ali! voici madame.

MARIANNE. Toujours l'orage!..., et le

vaisseau de Cerdic ne réparait pas!... Encore là, mes amis ! vous êtes inquiets de vos frères, de vos maris qui sont allés braver la tempête ; priez pour eux, mais gardez un souvenir dans vos oraisons pour Charles Cerdic, qui fut si bon pour vous comme pour moi, pour Charles Cerdic, l'honneur du peuple breton, pour Charles Cerdic, mon époux.

GERVAISE. Oh ! madame, ce serait un deuil général dans tout le pays s'il arrivait malheur à mon bon maître, M. Cerdic, si terrible pour nos ennemis, si charitable pour nous tous. . . Mais il est dans un bon vaisseau qui peut tenir la nier et résister aux orages, et nos pauvres pécheurs n'ont que de misérables barques qu'un coup de vent peut faire sombrer...

Marianne. Oui, j'ai tort sans doute de m'inquiéter; mais cet orage est si opiniâtre...

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