SCENE IV
SOUVRAY, D'ANDREVILLE, BEAU-
GENCY , Gardes du Pavillon ; puis
CERDIC.
d'avdrevilee. Par ici, messieurs: il faut le recevoir dignement et montrer que notre séjour sur nier ne nous a pas fait perdre l'usage du grand monde. Asseyonsnous. (Ils s'asseyent tous avec une gravité ironique. Vicomte de Beaugencv, introduisez le requérant.
BEAUGENCY, indiquant à Cerdic. C'est ici, monsieur.
CEiiDic. Ici? Je n'aperçois pas la personneqne je cherche. . . Messieurs, qui estce qui commande sur ce vaisseau?
* Marianne, Henri.
d'andreville. Nous commandons ton* dans cette salle où nous vous amenons exprès... L'amiral est absent pour le moment.
CERDiC. J'en suis bien aise pour son honneur.
d'andreville. Monsieur!
CERDic. Pas de menaces, messieurs, je ne suis venu ici ni pour vous en faire ni pour en recevoir... Je suis venu avec le calme et la dignité d'un vieux marin dont le pavillon est attaqué, mais n'est pas outragé encore ; car s il L'était jamais.,.
d'andre\ii.le. Eh bien ! s'il l'était ?...
CERDIC. S'il l'était!..
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Les Mêmes, HENRI*.
HENRI. Capitaine Cerdic, arrêtez... voici la preuve que votre femme n'a subi aucun outrage.
Cerdic. Une lettre... Une lettre de ■ Marianne...
11 lit.
»' ANDRE ville, à Henri. Tu t'es donc faufilé aupiès d'elle?
HENRI. Je l'ai cachée dans le vaisseau pour vous la soustraire, et je vais la chercher pour la rendre à son époux.
d'andrevili.e. Garde-t'en bien; nous ne la laisserions pas .sortir avant qu'il ne nous l'ait demandée de manière convenable.
HENRI. D'Andreville !
D'ANDREVILLE. C'est décidé!
CERDIC, à part, après avoir lu. J'avais besoin de cette assurance pour contenir mon indignation... Pauvre Marianne! —
Mais du sang-froid, du calme je me
le suis promis à moi-même. {Haut.) Cette femme que vous avez enlevée hier, par distraction sans doute, vous ignoriez que ce fût la mu nue ?
d'andreville. Au contraire, nous le savions!... Mais il fallait bien toujours que ce fût celle de quelqu'un.
cerdic. Ali ! vous le saviez... cela suffit... Mais votre intention est-elle de la garder plus long-temps?
d'andrevili.e. Nous ne savons pas...
cerdic. Il 'paraîtrait qu'alors c'est à moi à vous apprendre ce que vous devez faire. Pardonnez-moi la leçon, c'est vous qui me la démandez.
dandreville. Faites votre requête
mais n'oubliez pas que vous ci.es sur un vaisseau du roi, que vous parlez à des gentilshommes Je sa marine, et que vous leur devez respect .'.
* Souvray, d'ÀntlrevilIe assis , Henri un peu an fond, Ceidic, Beaugeney.
L'OFFICIER BLEU
CERDIC. Respect! respect! Dieu me préserve de l'oublier! — Mais ce n'est pas parce que je suis .sur un vaisseau du roi, ce n'es» pas parce que je p. rie à des gentilshommes!... Oh: ttou, nous autres officiers biens, nous faisons peu de cas de la naissance. Ce sont vos services qui me pénètrent de respect cl d'admiration. Qu'ai- i
SOCJVRAV. Monsieur! monsieur! nous ne pouvons tolérer plus long-temps vos insultes.
tous. Non ! non !
Cerdic. Pourquoi pas? je supporte bien votre présence... mais tout ceci me pèse. > oulcz-vous, avant que nous comptions ensemble , remettra en mes mains
je fait, moi, d .us ma carrière oui puisse me ; CcUÇ H"0 Je vie"s chercher? mériter considération?... J'ai passé dans le d vndrevii.le. Nou> étions assez dis-
posés à vous la rendre; mais vous avez eu
feu de vingt combats sur mer ! mais vous, pour conquérir vos grades v»iiSvoi:s êtes promenés fièrement et sans peur devant celui de toutes les cheminées de \ ersailles. J'ai fait amener pavillon à trente bàtiiueus anglais... mais vous, vous avez, enlevé de force des femmes eu l'absence de leurs pères ou de leuis époux. J'ai lait des tuscente.s à main armée jusqu<- sur la côte d'Angb terre, et j'y ai fait briller le p «vil- Ion national... vous, vous avez forcé la porte de vingt taviri.es. TOUS VOMI en êtes emparés insolemment, et vous avez cru indigne de votre rôle de comjuérans de payer le vm bu. Moi, j'ai le corps sillonne de vingt balles ou éclats d'obus; mais vos têtes ont été frappées vingt lois dans vos querelles par des débris de bouteilles et d'assiettes. Moi. j'ai parcouru en vainqueur tous les océans du monde; mais vous, on vous a ramassés ivres morts dans ions les ruisseaux de Brest. Oli ! vous avez raison... mes services ne sont rien auprès des vôtres, et pour tous les rdfronts dont vous voulez bien m'iionorer, je vous dois respect, obéissance et renierciemens.
d'axdreville. Capitaine Cerdic, il est dans notre caractère de prendre tiès-bien la plaisanterie; mais nous tenons à la rendre... Uemandez-vous seulement s'il est dans votre intérêt d'aborder avec cette ironie amère des hommes qui sont maîtres encore du trésor dont vous venez solliciter la restitution !
CERDIC. Oh ! je ne crains plus rien pour Marianne; je sais qu'elle a échappé à tous les dangers de la nuit... je le sais, et pour l'avenir je suis là... car, si vos violences eussent été les pins fortes, ce n'est point seul et calme que vous m'eussiez revu; c'est avec une salve à mitraille que je vous eusse salués... c'estdatis un abordage que j'eusse mis le pied sur ce vaisseau.
d'andreville. Quoi! vous auriez osé attaquer un vaisseau du roi avec votre navire marchand? pavillon blanc contre pavillon blanc!
CERDIC. On ne l'aurait vu que d'un côté. Vous oubliez qu ii n'y a plus de pavillon blanc sous des taches!
tort, en nous la demandant, de nous inspirer la curiosité de voir ce que vous feriez si nous vous la refusions.
CERDIC. Vous n'attendrez pis longtemps... Mais j'ai à vous prévenir d'une chose... J'ai aussi à mon bord quelques personnes qui vous intéressent!
Suivit \Y. Quelques personnes qui nous intéressent?
cerdic. Mais |';ule droit de le supposer du moins. N'y a-t-il pas ici un monsieur d Andreville qui a perdu sou cousin pris par les Anglais? Un parent de l'amiral de Souvray également captif, et quelques autres officiers qui ont à déplorer des pertes semblables?
SOCVRW. Oui, eh bien?
cerdïc. Tous ces gentilshommes des plus hautes familles de France s'étaient laissé faire prisonniers par des vaisseaux anglais: j'ai mille pardons à vous demander de mon audace très-grande, mais moi, pauvre officier bleu, j'ai osé prendre sur moi d'attaquer la frégate qui les conduisait en Angleterre, de lui faire amener pavillon, et de rendre à tous vos illustres païens une liberté roturière. J'espère, messieurs, que vous me pardonnerez ma grande hardiesse en faveur de l'intention. d'axdp.eville. Quoi! mon cousin...
souvray. Mon oncle l'amiral...
cerdic. Ils sont tous à mon bord, messieurs ; ce sont des otages... et ils ne reviendront ici que par échange ; et je vous jure, par le pavillon du capitaine Cerdic, que, si Marianne eût succombé à vos outrages, pas un de vos païens ne vivrait. Oui, vous avez été bien inspirés de vous arrêter devant le crime dangereux qu'il vous est venu à la pensée de commettre, et dont l'inexécution a sauvé votre nob'e famille; car, en retour de mon honneur tué par vous, je vous eusse rendu tous les corps de vos païens criblés de balles. Cadavres pour cadavres, mes gentilshommes!
SOUVRAY. Les menaces après l'insulte !. .. Messieurs, quoi qu'il doive arriver, dussent tous nos païens, dût mon oncle l'amiral périr pour être vengés cruellement,
MAGASIN THEATRAL
nous ne pouvons rendre au capitaine sa femme, nous ne pouvons faire droit à une requête si insolemment présentée.
cerdic. Vous ne paraissez guère empressé de revoir votre oncle l'amiral, monsieur de Souvray. En hériteriez-vous par hasaid? etctla vous gênerait- il de lâcher du bit 11 dont vous vous croyez déjà le maître?Au dernier siècle, il y avait certains poisons complaisans pour les héritiers, qu'on appelait poudre de succession; peutêtre aviez-vous compté que l'Anglais vous rendrait le service d'envoyer à votre respecta lile parent quelque boulet de succession. Eh bien ! vous vous êtes trompé, votre oncle ne se porte que mieux du combat terrible qu'il a soutenu et où il a été fait prisonnier. Cela prouve adresse et prudence merveilleuse dans un amiral *,
d'andreville. Monsieur Cerdic, assez de plaisanteries comme cela; si c'est pour vous attirer un châtiment, vous en avez dit assez; plus, ce serait du luxe... Mon avis diffère de celui de Souvray ; je crois qu'il faut consentir à l'échange proposé par le capitaine; unis comme il ne faut pas payer tous Ls Irais de la guerre avant d'avoir été bien décidément battus, monsieur Cerdic comprendra qu il nous doit raison de toutes les plaisanteries fort spirituelles qu'il nous a adressées, et il nous prouvera qu'il n'est pas moins spirituel que ses plaisanteries par la manière dont il en subira les conséquences.
CEitDiC. A votre aise, messieurs. Quel est celui qui me fera l'honneur de me châtier ?
tous. Moi ! moi,!
d'andreville. Ecrivons tous nos noms, et tirons au sort.
CEHDiC. Je vous engage, pour éviter la perte de temps, à élire tout de suite les trois premiers.
D' ANDRE VILLE. Nous verrons s'il en est besoin. (//■> écrivent et jt tient tous leurs noms dans un chapeau. Henri, qu on a perdu ne vuependant tout ce temps, reparuîtetveut écrire son nom. IX ' Anàreoille Variété.') Toi aassi? mais cela ne se peut, lu n'étais pas de la parlie; tu nous as désavoués hautement.
HEMtl. C'est l'iionneur de votre uniforme et non celui de votre conduitequejedéfend.-; ce danger m'appartient comme les autres.
Il jette son nom dans le chapeau.
SOUVRAY. Et qui mettra la main dans ce chapeau pour en retirer le nom ?
d'andreville. Le capitaine Cerdic luimême. En fait de châtiment, il faut au moins lui laisser la satisfaction de choisir.
* Souvray, Beaugency, d'Andrerille, Cerdic.
CERDIC. Soit! (Il met la main dansle chapeau et en retire un nom.) \ icomle de Beaugency.
TOUS. Le vicomte:
d'andreville. Notre prévôt de salle!
Eh bien ! vous avez la main heureuse, capitaine, votre affaire ne sera pas longue.
cerdic. Le spadassin de la bande sans doute. Le ciel ne veut pas que j'aie un seul regret *.
Le combat commence, reste quelque temps ind<:cis; les gardes du pavillon encouragent du geste et de la voix leur champion ; niais enfin Leatigmcv blesse .'i mort tondre dans leurs bias; on l'emporte.
TOUS. Vengeance ! vengeance !
d'andreville. A un autre.
TOUS. Oui, à un autre.
cerdic. Je l'espère bien aussi ce
n'est qu'un de moins, ce n'est pas assez.
D'ANDREVILLE. Choisissez encore on combattant.
cerdic. En vérité, je crois qu'il me vient maintenant un mouvement de pilié.
Avoir pour soi la force et le bon droit...
c'est trop de sécurité je joue à coup
sûr. (// met la main dans le clnyicau et en rf tire un nom.) Henri de Marsay. . . Monsieur Henri de Marsay est ici?
HENRI. Il est devant vous!
CEudic. Quoi ! c'est vous, monsieur?
(A part.) Je ne l'avais jamais vu et ne le croyais pas si bien ! Lui qui m'a remis le billet de Marianne... lui ici!.. Quel horrible soupçon ! Ou croit Marianne enlevée.. . était-elle son complice?
d'andreville. Toi, Henri, pour le premier jour exposé à un tel péril!.. Tu ne sais pas te battre... tu te ferais assassiner... Un antre nom ! un autre nom!
TOUS. Oui, oui, un autre.
in nui. Non pas, messieurs, le sort m'a désigné...
Les gardes lVntoiirent.
CERDIC, « part. Oli ! non, non !.. mais s^ns doute, c'est lui qui a fait conspirer ses camarades au pi ofii d'une passion brutale qu'elle aura repoussée. Oh ! malheur à lui!... je ne voulais que désarmer mou second adversaire: mais le nom de celuici, c'est son arrêt de mort.
d'andreville. Nous ne souffrirons pas que Henri combatte... il est trop jeune, il n'a pas encore l'expérience des armes.... Choisissez un autre d'entre nous.
TOUS. Oui, oui, un autre.
CERDIC. Je choisirai son successeur,:
mais lui, il me le faut, et je le veux!
* Souvray, Beaugency au fond, Cerdic se battant le dos touiiie au public, d'Andie ville, Henri.
l/ni-'FIClER BLEC
■BTIRI. Et moi donc!... {A part.) Ah!
sa haine me m^t à l'aise... Je n'avais que le droit de me défendre, j'ai celui d'attaquer maintenant.
r.nuDic. Oh ! cela fait mal, la jalousie ! Oh! quand je l'aurai tué, je serai plus tranquille, j'espère.
HENRI. Monsieur, je vous attends *.
Tous font place : le iluel recommence. Après quelques passes, Cerdic effleure la poitrine d'Henri, puis il baisse son e'pe'e et interrompt le combat.
cr.RDiC. Arrêtez ! Je ne veux plus de cette lutte perfide ; je consentais à me battre contre des débauchés, des ravisseurs ; mais je ne me bats pas contre des traîtres et des assassins.
TOUS, avec indignation. Des assassins!... des traîtres !
CERDIC. Oui, oui, des traîtres! Car
comment nommer autrement celui qui porte sur la poitrine une cuirasse en combattant un adversaire qui n'a sur la sienne que des cicatrices?
TOiS. Une cuirasse!
HENRI. Infâme fausseté!
CERDIC. Si c'était une fausseté, tu serais mort, jeune homme ; tout-à-l'heure mon épée allait droit à ton cœur et l'eût traversé. . . mais elle a rencontré sous tes vètemensun obstacle., .c'était une cuirasse!
d'andreville. Une cuirasse! ce serait une trahison... c'est impossible !
HENRI. Oui, une trahison.
d'andreville. Et je ne crains pas d'en montrer la preuve.
Il ouvre violemment Tbabit et la veste d'Henri, une boîte en écaille tombe. Cerdic la ramasse.
HENRI. Grand Dieu! qu'as-tu fait!
cerdic. Cette boîte, je ne me trompe pas; oui, c'est bien elle.
d'andreville. Tous voyez bien que ce n'était pas une cuirasse.. .. Et maintenant que le combat continue.
cerdic. Cette boîte! cette boîte!... Je ne me trompe pas. (// l'ouvre.) Oui, c'est bien
elle (Prenant de Marsay par la main.)
Jeune homme, vous portez un uniforme et une épée... Vous êtes devant la mort, qui plane sur un de nous deux. Au nom de votre honneur, si vous en avez, de votre mère, de Dieu lui-même, si vous y croyez, enfin si vous avez quelque chose de sacré au monde , au nom de cela , répondez-moi... Avez-vous volé cette boîte?
henri. Volé!... moi!...
cerdic. Vous ne l'avez pas volé! Oh!
non, non... si c'était cela, vous n'auriez pas osé la garder sur votre cœur... Non,
* Cerdic, Henri sur le devant, Souvray, Beaugency an fond.
non... on vous Ta donnée... je le vois.... Oli ! l'on vous a peut-être annoncé, jeune homme, quand on vous a fait ce présent, que ce talisman vous préserverait dans un duel de la mort... On ne vous a pas révélé cependant toutes ses vertus ; on aurait dû vous prédire qu'il tuerait votre adversaire.
Il tombe sur un sie'gc à droite.
HENRI, à part. Marianne!... Et ne pouvoir la justifier !...
d'andreville. Eh bien! qu'attendezvous pour continuer?... Si M. Cerdic ne veut plus t'accepter, je demande ta place.
TOCS. Nous la demandons tous.
henri. Je ne la cède pas.
cerdic. Mais j'abandonne la mienne, moi ! Il suffit ; je me déclare vaincu , je renonce au combat; vous avez raison....
Vos païens vous seront rendus, et, quant à Marianne... ce qu'elle voudra...
d'andreville. Ah! le sort vous a favorisé une fois, monsieur Cerdic, mais maintenant... vous sentez qu'un misérable officier de fortune ne s'attaque pas deux fois de suite heureusement à des gens de cœur et de naissance.
Ils l'entourent tous, excepte Henri.
souvray. Allons donc! allons donc! vous qui aviez tant d'insolence tout-à-1'heure, ayez en donc un peu maintenant. . . on ne vous demande que cela.
d'andreville. Votre esprit satirique vous a abandonné ; il paraît que vous manier plus aisément une épigramme qu'une épée.
souvray. Comme vous voilà pâle! Faudra-t-il donc trouver un moyen de rappeler le sang sur vos joues ?
d'andreville. Messieurs, n'avons-nous pas à bord quelque cordial qui soit toutpuissant contre la peur?
cerdic. La peur!...
souvray. Il en faudrait un contre la lâcheté.
cerdic. Peur! lâcheté!... Misérables!
peur, moi! moi, Cerdic!.... Et de qui?... de quoi? De vous ?... soldats d'antichambres, officiers de boudoirs, qui escroquez vos titres par le privilège et l'intrigue... vous ! tout gonflés de l'orgueil de l'honneur de porter une épaulette que vous déshonorez, une épée qui ne sert qu'à effrayer des femmes et des enfans... vous ! misérables gentillâlres, qui, sans votre naissance, ne seriez quedes valets! . .Oui, oui, des valets! car vous vous cacherez tous devant le premier péril. Vous déshonorerez notre pavillon, comme vous avez déshonoré votre uniforme. Ce pavillon, qui ne
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peut demeurer témoindetantd'infamie, je l'arrache de ce vaisseau ! Tous n'êtes plus dignes de l'arborer, vous ne le revenez plus ! Je le jette à la nier pour le purifier de tant de souillures.
Il arrache le pavillon au fond et le jette à la mer, à
gauche; les gardes restent un instant stupéfaits et
poussent un cri.
TOLS. A mort ! à mort, l'officier bleu !
CEUDIC, leur présentant deux pistolets.
Ma mort vous coûtera cber.
d'andreville. N'importe! Il ne peut tuer que deux d'entre nous!... et nous aurons sa vie après.
CERDIC. Deux d'entre vous! Vous vous trompez. (// ouvre précipitamment une trappe.) Au-dessous de nous est la Sainte- Bai be ! Ces deux derniers coups de feu suffiront pour anéantir ce vaisseau. Suivezmoi là. si vous l'osez. (Toh.v reculent.) Eli bien! maintenant, mes gentilshommes, répondez... qu'est-ce qui a peur?
Cerdic est descendu a demi dans la trappe; les officiers se consultent vivement entre eux; un enseigne
de marine paraît.
l'enseigne. Messieurs, l'épée dans le fourreau. . . Chapeau bas ! . . voici l'amiral !