‹ ThéâtreChapitre 670 sur 846 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

Les Mêmes , excepté PEREZ.

SANNOIS. Insolent!

DURANTAL. Attrape , marquis!

SANNOIS. C'est votre faute aussi... que diable allez- vous, novices que vous êtes, vous attaquer à ce rude vieillard, modèle de la fidélité... animale ?

SERVigné. Ne vas-tu pas nous quereller, toi qui ne crains pas de déserter notre cause?

DURANTAL. Et de te déclarer le champion d'une coquette?..

SANNOIS. Moi, son champion! ah! ah !

ah ! bonnes gens que vous êtes, je vous pardonne de m 'a voir soupçonné. Votre esprit n'est pas à la hauteur du mien, et vous étiez incapables de deviner mes grands projets.

durantal. Tes grands projets! comment !

SANNOIS. Ecoutez... écoutez-moi, et prosternez-vous devant votre maître.

Cette coquette, cette Espagnole superbe et indomptable, je la hais plus à moi seul que vous tous ensemble ; et pour moi, dont elle a insolemment repoussé les hommages .. oui, je ne m'en cache pas, dès ma première déclaration, j'ai reçu d'elle mon congé, mais un congé formel, définitif, dans les termes les plus polis et les plus ironiques du monde, de manière à m'ôter jusqu'à la pensée de lui reparler jamais de mon amour. Aussi, pour la voir se prendre à quelque piège infernal, à quelque bonne rouerie, je donnerais ce que j'aime le mieux, mon beau cheval anglais et ma jolie danseuse. Ah ! madame la duchesseJ.,vous restez de marbre devant toutes les séductions; et nous, vos victimes, nous blessés dans notre orgueil d'hommes à bonnes fortunes, vous vous figurez follement que nous vous permettrons de vous conserver vertueuse, irréprochable, et cela, à la cour du régent... erreur! seulement, votre chute fera plus de bruit que les autres... Et cela sera, car je l'ai voulu, car ce projet qui doit vous perdre a été profondément médité, mûri dans cette tète, dans la tête de votre plus mortel ennemi.

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