‹ ThéâtreChapitre 694 sur 846 · SCENE PREMIERE. ' RITA, LE SOLITAIRE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE. ' RITA, LE SOLITAIRE

Au lever du rideau, le Solitaire est assis à la droite du public, auprès d'un petit guéridon, la tète appuyée dans une de ses mains, et semble rêver profondément ; l'autre main est dans celles de Rita, qui est debout auprès de lui, et qui le regarde avec amour.

RITA. Eh bien, vous vous taisez! vos yeux semblent craindre de rencontrer les miens, lorsque moi je suis si heureuse... Est-ce ma présence qui amène sur votre front ce sombre nuage /Monsieur, ne m'aimez-vous donc pas comme je vous aime?..

Eh bien ! vous vous taisez encore!

LE solitaire, se levant. Ah ! pardon, pardon, Rita... ne pas t'aimer... tu nepeux le croire, mais il y avait là dans mon cœur un trouble involontaire, un chagrin vague et indicible. Quisait? un remords peut-être.

RITA. Un remords !

le solitaire. Oh! j'en triompherai, je le veux, je le dois.

rita. Et tu n'auras plus d'autre pensée que celle de notre amour?

le solitaire. Oui, celle de notreamour.

Tu as changé tout ma vie, et désormais elle appartient tout entière. . . quand tu es

loin de moi, des regrets bien amers me I viennent au cœur: je songe que j'ai trahi j une promesse sacrée; que j'ai renoncé à I une existence obscure, pieuse et douce,

pour laquelle j'étais né peut-être — Ces j souvenirs sont cruels, madame la duchesse, | quand ils se dressent devant moi, alors que I je suis seul et que je ne vous vois pas...

mais, quand tu es là, près de moi, comme | à présent, Rita, que ta main presse la j mienne... alors cette image du passé qui

m'obsédait s'efface peu à peu, les regrets j s'envolent, j'oublie tout, excepté toi... toi, j mon bonheur, ma vie, toi, ma femme.

rita. "Votre femme!... oui bientôt.

| Ce nom, je le porterai bientôt à la face du monde.

le solitaire. Comment? explique-toi.

rita. Tout-à-l'heure — J'attends ici Perez, et. .. quelqu'un avec lui.

LESOLITAIRE. Quelqu'un!

rita. Ne m'interroge pas... c'est une surprise que j'ai voulu te faire, et, je le crois, tu m'en remercieras... Mais revenons à ce que tu me disais tout-à-1'heure, à tes regrets, à ces souvenirs qui te poursuivent... songes-y bien, ami, le ciel luimême t'a empêché de prononcer des yceux

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