‹ ThéâtreChapitre 698 sur 846 · RITA · texte numérisé non relu

RITA

comte...

FEREZ, à part. Monsieur le comte...

rita, continuant. Je ne saurais définir encore quel sentiment m'inspirent tant d'outrages... je ne saurais dire encore ce que vous méritez le plus, de ma pitié ou de ma haine... Ma haine... oh ! elle vous est bien due, je crois... et bien acquise ! (Avec mépris.) Mais vous avez aussi quelque» droits à ma pitié, pour l'ignoble rôle qu'on vous à fait jouer... à vous, le comte Henri de \ audray!

PEREZ, à part. Henri de A audray !.. .

RIT A ^montrant Sannois. Cet homme vousa dit: Une femme a causé la mortde ton frère et de ta mère. . . et il vous a nommé la duchesse Rita de San-Felice; puis, lia ajouté : Venge-toi par l'humiliation et le déshonneur de cette femme! Eh bien! cet

homme a menti!., car il sait bien, lui, que je suis innocente! Oui, quand se réveille en moi la pensée du malheur que j'ai involontairement causé... je porte la main sur mon cœur, et le calme y rentre aussitôt... car j'y trouve la preuve de mon innocence!... {Tirant une lettre de son sein, et la lui présentant. ) Voilà pourquoi cet écrit et moi, nous sommes désormais inséparables.

HENRI. Une lettre... (Y jetant les y eux.) De ma mère ?...

Henri a ouvert la lettre en tremblant.

HENni, lisant. « C'est de mon lit de » mort que je vous écris... de mon lit de » mort, d'où je vous ai bénie, Rita... Oh ! » oui, bénie soit celle que les terreurs » d'une mère avaient touchée, celle qui se » sacrifiait pour me conserver mon enfant ! » bénie soit celle qui se donnait à celui » qu'elle regrettait tant de ne pouvoir » aimer d'amour; et cela, pour prévenir » la catastrophe qui me conduit au toin- » beau! » Qu'ai -je lu?... (Se laissant retomber sur son siège.) Oh ! malédiction ! malédiction sur moi !.. (Reprenant su lecture.) «■ Ma fille, un grand secret me » pèse, un secret que je vous confie, à vous » seule, Rita. Je vous ai dit que mon fils » Jules. .. »

PEREZ, en entendant ces dernières lignes, fait un mouvement, puis s'élance et. se saisit de la lettre en s' écriant : Monsieur, vous n'achèverez pas cette lecture.

henri. Que faites- vous?

PEREZ, froidement. Le reste est le secret de ma maîtresse, monsieur le comte.

RITA. Oui, je t'ai compris... Le reste, monsieur, c'est mon bien, c'est mon bien le plus cher, maintenant. Adieu, monsieur le comte deVaudray.

Elle jette un regard de mépris sur ceux qui l'entourent, et sort par la gauche

SANNOIS, riunt en montrant Ferez qui sort lentement à la suite de sa maîtresse. Ah! ah! ah! je te félicite, mon cher Henri! jusqu'au vieux chien de garde, qui par toi s'est laissé tromper, museler!...

PEREZ , retenant sur ses pas. Priez Dieu, monsieur de Sannois, que le chien de garde ne se trouve pas souvent sur votre passage ; car, tout vieux qu'il est , sa morsure pourrait bien vous être mortelle.

Il s'éloigne aussi par la gauche.

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