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SCENE IV

Les Mêmes, SANNOIS, DURANTAL, ShUA IGNE, Seigneurs, Courtisanes.

sannois. Bravo, comte de Vaudray!

bravo! admirablement joué !

RITA, poussant un cri de terreur, puis se retournant vers Henri. Ah!... monsieur monsieur!... vous avez commis une lâcheté indigne d'un gentilhomme... Ce que vous avez fait là est une basse trahison dont rougirait le dernier de vos valets.

HENItl, évitant son regard. J'ai accompli un serment prononcé sur deux tombes...

SANNOIS. Yous en serez quitte, madame la duchesse, pour occuper un mois, tout au plus, les salons de Paris et de Versailles; ajoutez à cela une douzaine de félicitations anonvmes... autant de chansons, et tout sera dit. . .

RITA, lentement. Peut-être... (S'adressent a tous.) Bien que chacun de vous, Pour me perdre, ait lutté de perfidie... bien que chacun de vous, à l'envi, se soit montré méprisable et infâme... il en est un, cependant, plus méprisable à lui seul, et pins infâme que tous les autres ensemble.. .

San:vois, s'emporlunt. Madame!...

rita, froidement. Je vous sais gré, monsieur, d'avoir bien voulu vous reconnaître... Vous m'avez épargné le dégoût de prononcer votre nom... {Après un temps.) Mon crime envers vous était grand en effet, il était de ceux que les gens de votre sorte ne pardonnent pas... \ous m'aviez poursuivie de votre amour de débauché, et vous aviez vu mon cœur se soute vtr à la seule pensée de vous appartenir...

HENRI, à pari. Que dit- elle!...

Il vous aurait aimée?...

rita. Ce n'est pas tout... blessé dans votre amour-propre, il vous fallait ma perte à tout prix... mais, pour l'obtenir plus sûrement, il vous fallait aussi vivre dans mon intimité... Alors, changeant de lan-

gage, vous êtes venu mendier le titre de mon ami... vous m'avez fait entendre des parolts d'amitié et de dévouement. . . et moi, j'ai cru à votre atniiié et à votre dévouement... vous m'avez enlacée comme le serpent enlace sa proie, pour me déchirer plus à lohir... Savez-vous bien que, si j'étais un homme, ce ne serait pas trop pour moi de tout votre sang?... Mais je ne suis qu'une femme, et je ne puis que vous dire: Marquis de Sannois, vous êtes un lâche!.,, entendez -vous, un lâche!

Mouvement de colère de Sannois. Perez paraît sur Je seuil de la porte à gauclie.

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