‹ ThéâtreChapitre 702 sur 846 · PEREZ, JA1TA · texte numérisé non relu

PEREZ, JA1TA

Perez marche vivement au-devant de la duchesse, et lui baise la main.

rita. Mon ami... c'est toi!... Enfin l'instant est venu... Toutes les invitations ont été faites pour ce bal, n'est-il pas vrai?

perez. Toutes.

rita. L'envoyé de M. de Richelieu ne s'est pas encore présenté?

perez Non, madame...

rita. Dès qu'il viendra, qu'on l'introduise... je veux , je veux le voir avant l'heure de la fête... Depuis un mois, son maître seul , seul avec toi, Perez, sait que je suis à Versailles... aujourd'hui je verrai jusqu'où va mon empire sur le duc de Richelieu... ( Moment de silence ; elle se rapproche de Perez , et lui dit en lui serrant, la main. ) Et... dis-moi , est-il venu , lui?

perez. M. deVaudray!... Oui, madame...

aujourd'hui comme hier , comme tous les jours depuis que j'ai remis les pieds dans cet hôtel.. .car il ne pouvait croire, lui, qui me connaît un peu , que vous fussiez partie pour l'Espagne lorsque le vieux Perez était demeuré en France... mais vainement il a voulu m 'arracher mon secret... j'ai été sourd à ses prières, j'ai refusé son or... et ce malin , ce matin encore, je l'ai vu reparaître, plus impatient, plus suppliant que jamais... il est tombé à mes genoux. .. oui, le gentilhomme aux genoux de votre serviteur, demandant comme une grâce de le laisser arriver jusqu'à vous. Je l'avouerai , malgré ma haine pour lui, un instant j'ai été faible... car j'ai cru voir qu'il était bien malheureux ; je me suis dit qu'il vaudrait mieux pour cet homme un poignard dans le cœur que les mille toitures dont vous avez résolu de le frapper... Enfin j'allais lui céder peut-être... lorsque j'ai pensé à vous , à votre volonté que je dois avant tout accomplir , et je lui ai dit : Vous avez, monsieur le comte, une lettre d'invitation.. . ce soir vous verrez ma maîtresse... Et je l'ai laissé là ; je suis venu

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