SCENE VI
HENRI, seul.
Mes jours?... eh ! que ne les a-t-il pris à Koatven... dans cet instant où Rita, entourée de tous ses ennemis, relevait la tète pour les flétrir, pour les accabler à son tour!... Comme alors, après l'avoir outragée, je la trouvais noble et grande ! et
moi, que je me sentais misérable et faible sous le poids de son regard!... Qu'il m'eût rendu service celui qui m'aurait affranchi par la mort de cette haine que j'avais méritée, de ce mépris que j'éprouvais pour moi-même ! (Regardant les masques qui se promènent dans tes salons.) I ne lète!... et c'est elle, c'est Rita qui doit en faire les honneurs!... Après avoir caché aux yeux de tous sa présence dans cet hôtel, elle a voulu reparaître aux yeux de tous telle qu'elle était autrefois, la reine d'un bal... Que dois-je croire ? comment expliquer sa conduite?... Ah! je la connais, elle n'a pu rejeter loin d'elle le souvenir de ses dou-
leurs et de son injure.. . Et lorsque tous ses invités vont joyeusement célébrer ce soir cedtrnier jour d'ivresse et de folie, icideux cœurs, isoles au milieu du bruit et de la foule, seront en proie à d'horribles pensées; l'un sera tout à la haine, l'autre tout au remords... Ah! je la verrai du moins, je la verrai... Il approche ce moment que j'ai tant attendu., .et. je le sens, sa présence, je la désire et la crains en même temps... oui, pour la première fois de ma vie, j'ai peur !
Ici tous les invites se répandent dans !e salon; parmi en* sont Dnrantal et Servigné, en domino et tenant un masque à la main; ils cherchent des yeux Henri de Vaudray et s'approchent de lui.