MARIE , ARTHUR
MARIE , entrant des fleurs à la main et sans voir Arthur, Georges devinera quelle main a déposé ces fleurs!.. (Apercevant Arthur, elle recule. ) Ah !..
artiii R. Je te fais peur, Marie?...
MARIE. Non, monsieur.
ARTHUR. Tu viens de cueillir des fleurs.... qu'elles sont belles ! ... je serais charmé de respirer leur parfum, de les avoir dans mon appartement!...
marie. Il y en a d'autres dans, le jardin, je vais en cueillir pour vous!..
Elle veut sortir, Arthur la retient.
ARTHUR. Tu me quittes garde ces
fleurs, je n'en veux plus... à ce prix, c'est les payer trop cher!...
marie. Je comprends peu ce que vous voulez dire...
ARTHUR. Mais tu ne comprends donc pas que j'ai du plaisir, du bonheur, à me trouverjavectoi? car, vois-tu, près de toi... je me rappelle notre enfance... la naïveté
de nos jeux j'ai souvent regretté ce
temps...
marie. Vous êtes trop bon !
ARTHUR. Non, je t'aime, voilà tout...
non pas comme autrefois, mais d'amour... je te l'ai dit , tu n'en veux rien croire!.., et je tiens à te le prouver; le bonheur, c'est d'aimer !.. réponds à ma tendresse, et ta vie sera embellie par les plaisirs; et Pans, que tu connais si peu , t'offrira ses ressources , ses distractions sans nombre ■ je veux que tous tes désirs soient comblés : toilette , bijoux , chevaux , spectacles , les douceurs du luxe , il n'est rien que mon amour ne puisse te procurer !...
marie , avec dignité. Je croyais , monsieur, vous avoir fait entendre que ce langage m'avait déjà blessé une fois...
ARTHUR. Fais donc cesser mon amour ; sois donc moins jolie...
marie, avec dignité. Monsieur... dans la maison de votre père , je croyais être sous la sauve-garde de l'honneur !...
ARTHUR. L'honneur ne me défend pas de te rendre justice , et de t'aimer !...
marie. Nous ne comprenons pas les mots de la même manière... ou du moins nous n'y attachons pas la même importance !... Souffrez, monsieur, que je m'éloigne !...
arthur. Marie , c'est mal à toi d'être si sévère , et de payer ainsi une affection qui date de si loin. Autrefois tout était
MAGASIN THEATRAL
réciproque entre nous... autrefois nos brouilles étaient promptemeni terminées.
Allons, pardonne, faisons la paix; je veux la sceller par un baiser...
MAiilE , effrayée. N'approchez pas !
authur. Enfant! ah!... je suis donc redoutable ! . . .
Il s'avance.
MARIE , V évitant. Monsieur... monsieur... ? .
ARTHUR , la prend dans ses bras. Je n ai pas de rancune , moi...
Georges paraît; il va l'embrasser, mais Marie lui
échappe, et apercevant Georges ejni entre dans le
moment, elle va se réfugier près de lui.