SCENE XIII
M- YILLETTE, DUVERNEY , CAR- PENTIER.
Mme VILLETTE. Arrêtez ! (Moment de sileixe.) Yous êtes étonnés de me voir.... Vous aviez bien fermé les portes... mais une entrée secrète était là... Remerciez Dieu; un moment plus tard, cet acte
était détruit, et cet acte pour vous deux maintenant, c'est la vie ou la mort.
DLVER\EY. Que voulez-vous dire?
Mme yillette. Ce que je veux due ?
CARPENTIER. Oui... expliquez-vous.
Mme viLLETTE, les observant bien tous deux. Yous ne devinez pas le motif qui m'amène?... je viens vous parler d'un breuvage préparé pour mon fils !
CARPENTIER, à part. Quel soupçon !
DUVERNEY, à part. Juste ciel !
Mœe WILLETTE, à part. Plus de doute, ils ont tremblé. (Haut.) Vous ne répondez pas "... Eh bien ! c'était du poison !
duverney et CARPENTIER. Madame!
Mme villette, avec force. C'était du poison !
duverney. Madame, si votre titre de mère ne vous servait d'excuse...
11 gagne la droite du théâtre.
CARPENTIER.* Oui, tout est permis à une mère éplorée... Mais, madame Yillette, vous ne devez pas l'avoir oublié... je vous avais prévenue... je vous avais dit que Georges succomberait à son mal.
Mme villette. Oui, vous m'avez dit cela... pour mieux déguiser votre atroce
perfidie... et la preuve la preuve, c'est
que Georges n'est pas mort.
DUVERNEY, à part. Qu'entends-je !
Mme villette. Il n'est pas mort !.. . Confiante, crédule, absorbée dans ma douleur ; ne pensant qu'aux souffrances de mon enfant j'allais moi-même le lui donner ce
poison. Par instinct, par inspiration du ciel, Marie a sauvé mon enfant... elle n'avait fait naître que des soupçons... maislà, tout-à-l'heure, derrière cette porte, j'ai tout entendu... et votre trouble, votre silence, votre terreur... me disent assez que vous êtes d'infâmes empoisonneurs!....
Comprenez-vous bien maintenant l'ascendant que j'ai sur vous ?.. Ce matin, vous étiez sourds à mes prières, ce soir, vous écouterez mes ordres.
duverney. Vos ordres !
MD,e villette. Oui... en arrachant des mains de votre complice l'écrit qui vous mettait à sa discrétion... vous le dominiez, vous parliez en maître... Mais me voilà,
moi!--- seule j'ordonne seule je suis
maîtresse ici !
duverney. Mais vous oubliez donc le danger que vous courez à nous parler ainsi?
Mme villette. Youspouvez me tuer, ma mort ne vous sauverait pas... toutes mes précautions sont prises.... la preuve de votre crime est dans des mains sûres...
* Dnverney, Mme YUlett», Carpentier.
PAUVRE Mi-RK !
{Allant a la fenêtre. ) Et là, au bas de cette fenêtre, .Marie m'attend... que je pousse un cri, un seul!... et vous êtes perdus.
ni \ i km y. aaec rage. Oh !
Mmc VILLETTE. Mais écoutée : Marie seule partage nies craintes et mes soupçon:-; ne redoutez rien de nous, nous nous tairons, si vous acceptez les conditions que je vais vous proposer.
Dl YERVKY. Uu'cxigez-vous?
CAKPEMir.R. \ oyons vos conditions?
M™ \h,i.i:tte Vous aflez me suivre chea Georges... vous loi uirel toute la vérité... vous épierez ses inomens lucides
vous lui dires qu'il est mon fils, vous lui prouverez que je suis sa mère... pour qu'il
n'en doute pas , vous lui remettrez cet acte... cet acte qui désormais doit rester entre ses uiaius...
CAItPENTIER Et Vous?
il'"* Yii.LETTE. Voi, en échange de cet écrit, je vous remettrai le breuvage qui vous accuse et <| 1 1 i vous perd l'un et l'autre, si vous refuses do m'obéir.
CAV.PENTIEH. iNous acceptons.
>i"'c villette. Et vous, Duvet ney, vous n'avez pas lépondu '
DUVEliNEY. Je ferai ce une vous avez dit.
M"1' MLLKTTE. Ah! maintenant, mon Dieu, rends la raison à Georges... qu'il sache que je suis sa mère !
©0©we*- îs. ©*9«9«S90^9Q i*9©0© 096900eQ09e^0990Q9909W>e9Q9Q9a9999»»S0999«Oa9Q(è900Q09«0090&OOiaOO