‹ ThéâtreChapitre 777 sur 846 · GEORGES , M-« VILLETTE · texte numérisé non relu

GEORGES , M-« VILLETTE

j\tme \'if]cttc s'est avancée ; il l'aperçoit, et tombe dans ses bras.

Mme VILLETTE. Monfils!...

GEORGES. Ail !.. .

Mme VILLETTE. Mon fils!...

GEORGES. Vous!... non, toi ! toi!...

Mme villette. J'étais pauvre...

GEORGES. Bonne mère!

M",e villette. Je craignais pour mon enfant...

Georges. Bonne mère!.,.

MœB villette. Et pour qu'il fût heu-

l'AUVRE MERL !

rcux, je l'ai donné. T.: J'ai donne mon fils!...

GEORGES. Ah ! Pauvre mère!...

Mme villette. Mais j'étais là, près de toi... je veillais sur toi!

GEORGES. Oui, oui... ton fils... je n'ai jamais cessé de l'être !... Mais alors.. . Duverney... Arthur... Ah ! je respire, mon Dieu! il n'était pas mon frère ! je me sens

soulagé d'un horrible fardeau! Ma

mère ! ma mère!... c'est la vie que tu me donnes encore une fois ! ( // l'embrasse. ) Mais dis-moi, dis-moi donc...

Mœe villette. Georges... ce secret...

toi seul peux l'apprendre. . . Duverney n'est pas ton père... Pour conserver une fortune qui allait lui échapper... il a fait un faux sur les registres de l'état civil. . . et cette fortune est à toi...

GEORGES. Je ne veux pas de sa richesse... elle ne m'appartient pas. . . qu'il la garde ! qu'il la garde !... mais qu'il ne m'ôte pas ma mère... voilà tout ce que je lui demande... Oui, avec toi... pour toi, je braverai l'indigence; s'il le faut , je travaillerai, je travaillerai... l'avenir est à moi... Dieu soutiendra l'enfant qui vit pour sa mère.

Mme villette. Ainsi tu ne m'accuses pas, Georges ?

GEORGES. Ah ! si je ne savais pas comprendre un tel dévouement, je ne serais pas digne d'être ton fils... Grand Dieu! par combien d'humiliations n'a-t-on pas payé ton généreux sacrifice!... Elle était ma mère, et je l'ai vue rangée au nombre des valets ! Ah ! pardonne! pardonne!...

j'oublie toutes mes souffrances, moi

mais les tiennes, elles élèvent dans mon aine une indignation que je ne puis plus maîtriser. . .

Il s'avance vers la porte.

Mme villette. Que vas-tu faire ?

GEORGES. Je vais élever la voix à mon tour , je vais lui demander compte, à cet homme, de tous les maux qu'il t'a fait souffrir...

Mme villette. Arrête!... j'ai mon enfant ; que me faut-il encore ? Sois généreux, Georges: non, non, tu n'entreras pas.

GEORGES. Laissez-moi, laissez-moi , je veux me venger de toutes les larmes qu'a versées ma mère.

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