GEORGES , M-« VILLETTE
j\tme \'if]cttc s'est avancée ; il l'aperçoit, et tombe dans ses bras.
Mme VILLETTE. Monfils!...
GEORGES. Ail !.. .
Mme VILLETTE. Mon fils!...
GEORGES. Vous!... non, toi ! toi!...
Mme villette. J'étais pauvre...
GEORGES. Bonne mère!
M",e villette. Je craignais pour mon enfant...
Georges. Bonne mère!.,.
MœB villette. Et pour qu'il fût heu-
l'AUVRE MERL !
rcux, je l'ai donné. T.: J'ai donne mon fils!...
GEORGES. Ah ! Pauvre mère!...
Mme villette. Mais j'étais là, près de toi... je veillais sur toi!
GEORGES. Oui, oui... ton fils... je n'ai jamais cessé de l'être !... Mais alors.. . Duverney... Arthur... Ah ! je respire, mon Dieu! il n'était pas mon frère ! je me sens
soulagé d'un horrible fardeau! Ma
mère ! ma mère!... c'est la vie que tu me donnes encore une fois ! ( // l'embrasse. ) Mais dis-moi, dis-moi donc...
Mœe villette. Georges... ce secret...
toi seul peux l'apprendre. . . Duverney n'est pas ton père... Pour conserver une fortune qui allait lui échapper... il a fait un faux sur les registres de l'état civil. . . et cette fortune est à toi...
GEORGES. Je ne veux pas de sa richesse... elle ne m'appartient pas. . . qu'il la garde ! qu'il la garde !... mais qu'il ne m'ôte pas ma mère... voilà tout ce que je lui demande... Oui, avec toi... pour toi, je braverai l'indigence; s'il le faut , je travaillerai, je travaillerai... l'avenir est à moi... Dieu soutiendra l'enfant qui vit pour sa mère.
Mme villette. Ainsi tu ne m'accuses pas, Georges ?
GEORGES. Ah ! si je ne savais pas comprendre un tel dévouement, je ne serais pas digne d'être ton fils... Grand Dieu! par combien d'humiliations n'a-t-on pas payé ton généreux sacrifice!... Elle était ma mère, et je l'ai vue rangée au nombre des valets ! Ah ! pardonne! pardonne!...
j'oublie toutes mes souffrances, moi
mais les tiennes, elles élèvent dans mon aine une indignation que je ne puis plus maîtriser. . .
Il s'avance vers la porte.
Mme villette. Que vas-tu faire ?
GEORGES. Je vais élever la voix à mon tour , je vais lui demander compte, à cet homme, de tous les maux qu'il t'a fait souffrir...
Mme villette. Arrête!... j'ai mon enfant ; que me faut-il encore ? Sois généreux, Georges: non, non, tu n'entreras pas.
GEORGES. Laissez-moi, laissez-moi , je veux me venger de toutes les larmes qu'a versées ma mère.