‹ ThéâtreChapitre 843 sur 846 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

ALIX, MARGERIN en habit de novice, CHAMP- FLEURY.

CHAMPFLEURY

Garçon ingrat! des murmures contre la Providence! N'est-ce donc rien, après cinq années, que d'avoir retrou\é d'abord son vieux camarade d'enfance ?

aux, essayant de marcher.

Oh! mon instinct me guidera.

margerin, a Champ fleury .

Dieu sait combien de fois, au milieu de mes tourmens, j'ai désiré de presser encore ta main amie. ai. ix, retombant sur le rocher.

.le veux que nous nous trouvions deux réunis clans la mort, comme nous serons trois dans l'éternité !

ciiAMPFLEUBY, apercevant Alix au moment où il va rentrera l'hospice avec Marge rin.

Margerin ! ...

margerin, se retournant.

C'est elle !

La voilà... échappée au désastre!

margerin, il veut courir à elle.

Après tant de souffrances, la voilà!

cuasipfleury, le retenant.

Chut!...

alix, exallée et presqit'à genoux.

Je veux, ô mon enfant chéri, que mon ame rejoigne la tienne par la route que Dieu lui a ouverte. (Elle retombe assise.) .le l'aperçois, la route... une trace lumineuse la sillonne. Dans le ciel entr'ouvert je reconnais ton sourire d'ange...

attends-moi.

Elle se lève.

margerin, à Champfleury.

Elle a peine à se soutenir.

alix, toujours les yeux au ciel.

Margerin !...

CHAMPFLEDRY.

Elle pensait à toi, qu'elle croit mort.

Ils vrulent.l'aider à se soutenir.

alix, apercevant V habit des religieux du Saint- Bernard , s'écrie à mains jointes.

0 mon père! ne me forcez pas à rentrer à l'hospice!... Je me croyais plus de force ; je sens aujourd'hui que je ne peux aller plus loin... Je me nomme Alix, je suis une pauvre femme! éprouvée par toutes les douleurs... une pauvre veuve, qui n'a jamais porté le nom de son époux ! margerin.

Mais l'église a béni vos nœuds?

Oui, certainement ; aussi j'espère dans la clémence de Dieu ; mais aujourd'hui que la vie m'abandonne parce que je suis seule au monde...

MARGERIN.

Seule !

ALIX

Un doute sur mon salut vient troubler ma conscience affaiblie.

MARGERIN.

Ah ! parlez, parlez, que je le dissipe.

ALIX

L'homme que j'avais choisi a été accusé d'un meurtre, il a protesté de son innocence , j'ai eu foi en ses paroles comme en son amour; mais, faut-il vous l'avouer et cela m'effraie, quelque chose au fond de moi me dit que, même coupable tout en détestant son crime, je n'aurais pu en haïr l'auteur.

MARGERIN.

Et moi, je perdrais ce cœur d'or!...

ALIX

Oui, je sens, laut est puissante encore ma passion pour cet homme, que, si Dieu, sans l'espérance de revoir Margerin , m'appelait dans son suint paradis, j'aimerais mieux l'eufer avec Margerin.

margerin, emporté.

Chère Alix!

Qu'ai-je entendu ?

MARGERIN.

Margerin a toujours été digne de tant d'amour.

alix, suspendue à son cou.

11 existe, il eviste !

MARGERIN.

La justice divine, qui nous réunit sur la terre, ne nous séparera pas dans le ciel.

LES CHIENS DU MONT-SAINT-BERNARD

Ah ! je regrette en ce moment d'aller sitôt t'y attendre.

MARGERIN.

Tu ne mourras pas! dis-moi que tu ue mourras pas.

ALIX

Oh ! si tu avais été témoin de ce qui me tue, le même coup t'aurait frappé. Et n'avoir pu déposer notre enfant dans les bras de son père!

MARGERIN.

Que veux-tu dire ?...

ALIX

Si près de toi ! tu n'as pas entendu une voix te dire : Il y a là tout près, en danger de mort, un enfant qui te doit la vie! Tu l'aurais sauvé, notre Louis, ou tu l'aurais vengé.

MARGERIN.

Vengé 1 grand Dieu! quoi! la mort...

ALIX

Et quelle mort ! et quel monstre en est cause!

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