PROLOGUE D’OUVERTURE
aÉaiÉ LE IS NOVEMBRE 18iS AD THÉÂTRE DE l’oOÉON
P ERSON N AO E
LE DIRECTEUR
UN ESPRIT CUAGRIN.
l’eSPBIT CHAGRIN.
Eh bien, cher directeur, la nouvelle est donc vraie, Vous jouez ?
LE DIRECTEUR
Oui.
l’esprit chagrin.
Pour vous l'entreprise m’effraye ; L’Odéon, qui ne peut ni vivre ni mourir.
N’est jamais plus Icrmé que lorsqu’il vient d’ouvrir.
LE DIRECTEDR.
On a fait là-dessus mille plaisanteries :
Je le sais... Il poussait de l’herbe aux galeries; Dix-sept variétés de champignons malsains Dans les loges tigraient la mousse des coussins ;
Une flore complète; et plus d’un journaliste Malicieusement en publia la liste.
Les ours du pôle arctique et les ours des cartons Dans cet autre Spitzberg avaient pris leurs cantons, Et par eux fut mangé le claqueur solitaii’e Hivernant sous la neige au milieu du pai'terre. Trouvant l’endroit propice à des repas de corps,
Près des acteurs, les rats grignotaient les décors.
Les poêles se chauffaient au moyen de veilleuses. Simulacres de feux, lueurs fallacieuses !
L’abandon tamisait sa poussière partout ;
Des fils tombaient du ciel une araignée au bout.
Et, terreur du pompier le long des couloirs sombres. Des directeurs défunts se promenaient les ombres ; Suis-je bien informé ? Du moins, si je me perds,
Je plonge dans le gouffre avec des yeux ouverts. l’esprit chagrin.
Personne n’eut jamais caprice plus morose :
N’être pas directeur de l’Odéon est chose Si facile, pour peu que l’on soit protégé !
Vous êtes né, mon cher, sous un astre enragé ;