‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 12 sur 210 · UNE RUE · texte numérisé non relu

UNE RUE

SATANAS, en niarcliaivî.

Mes l)clles demoiselles, daignez jeter les yeux sur ma boutique; elle est on ne peut mieux fournie. Voulez-vous des rubans, du q)oint de Venise, du satin du Levant, des miroirs de poche en pur cristal? voulezvous du lait virginal, de l’essence de roses? Celle-ci est véritable, elle vient de Constantinople directement ; c’est un renégat qui me l’a vendue.

m.AXCHEFLOR.

Mous verrons en revenant de la messe.

TIIK.VTRE.

MIZAEL , qui la regarde il’on liant.

Hioii rt'pondii, blancheflor.

SATAXAS.

Ccci dérange mes projets; il faut qu’elles mauqueut la messe : cela me donnera prise sur elles.

ALIX

.le n’achèterai rien à ce marchand ; je lui trouve quelque chose de faux dans la physionomie.

SATANAS, un peu plus loin; en jongleur.

La coquetterie a manqué son effet, essayons de la curiosité ; c’est par ce moyen qu’autrefois je suis venu à bout d’Ève la blonde. Mesdames et messieurs, entrez, entrez, entrez; c’est ici et non autre part que l’on trouve véritablement les sept merveilles de la nature. Pour un pauvre sol marqué, vous verrez autant do bêtes étranges que n’en vit onc Marc-Pol en ses voyages, telles qu’oriflants, caprimulges, coquesigrues, cigales ferrées, oiseaux bridés, caméléons, basilics, dragons volants, singes verts, licornes, unes savants et autres, tout ainsi qu’ils sont portraits sur la pancarte ci-contre. Entrez, entrez, entrez.

nLANCIIEFLOR.

Cela doit être bien curieux !

ALIX

Ne nous arrêtons pas; tout le monde est déjà entré dans l’église.

UNE LARME DU DIABLE. ‘il

S.mNAS.

Les fièvres quartes te sautent à la gorge ! Elle commençait de mordre à l’hameçon. Changeons nos batteries.

AZREL, au paradis.

Brava! Alix, brava !

SATANAS, en jeune seigneur.

Corbaccho! je n’ai jamais vu deux si charmantes demoiselles ; elles valent à elles deux les trois Charités et ensemble madame Cythérée, la mère des amours. Mesdemoiselles, cette rue est pleine de ribauds et de croquants; daignez accepter mon bras; l’on pourrait vous affronter.

BI.ANCHEFLOR.

11 n’est pas besoin, et ne prenez tant de souci ; nous voici au portail de l’église.

Page 1