‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 156 sur 210 · KK · texte numérisé non relu

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péraiices, les Wilis tournent autour d’Albert, et s’élancent plusil^urs lois devant lui, toujours repoussées par une puissance au-dessus de la leur. La reine, alors, voulant se venger sur celle qui lui ravit sa proie, étend la main sur Giselle, dont les ailes s’ouvrent aussitôt, et qui SC met à danser avec la plus gracieuse et la plus étrange ardeur, et comme emportée par un délire involontaire.

Albert, immobile, la regarde, accablé, confondu de cette scène bizarre!!! mais bientôt les grâces et les |»oscs ravissantes de laAVili l’attirent malgré lui; c’est ce (juc voulait la reine : il quitte la croix sainte qui le préserve de la mort et s’approche de Giselle, qui s’arrête alors avec épouvante, et le supplie do regagner son talisman sacré; mais la reine, la touchant de nouveau, la force à continuer sa danse séductrice. Celte scène sc renouvelle plusieurs fois, jusqu’à ce qu’enliii, cédant à la passion qui l’entraîne, Albert abandonne la croix et s’élance vers Giselle... 11 saisit la branche eucbanlée, et veut mourir pour rejoindre la Wili, pour n’en être ])lus séparé! ! !

Albert semble avoir des ailes, il rase le sol et voltige autour de la Wili, qui paiîois essaye encore do le retenir.

Mais bientôt , entraînée par sa nouvelle nature, Giselle est forcée de sc. joindre à son amant. Un pas ra-

GISELLE

pide, aerien, frénéti(iuc, coniiueiice entre eux. Ils semblent tous deux lutter de grâce et d'agilité : parfois ils s’arrêtent pour tomber dans les bras l’un de l’autre, puis la musique fantastique leur rend de nouvelles forces et une nouvelle ardeur ! ! !

Le corps entier des Wilis se mêle aux deux amants, en les encadrant dans des poses voluptueuses.

Une mortelle fatigue s’empare alors d’Alb rt. On voit qu’il lutte encore, mais que ses forces commencent à l’abandoimer. Giselle s’approche de lui, s’arrête un instant, les yeux voilés de pleurs; mais un signe de la reine l’oblige à s’envoler de nouveau. Encore quelques secondes, et Albert va périr de lassitude et d’épuisement, lorsque le jour commence à paraître... Les premiers rayons du soleil éclairent les ondes argentées du lac.

La ronde fantastique et tumultueuse des ^Vilis sc ralentit à mesure que la nuit se dissipe.

Giselle semble renaître à l’espoir en voyant s’évanouir le prestige terrible qui entraînait Albert à sa perte.

Peu à peu, et sous les vifs rayons du soleil, la troupe entière des Wilis se courbe, s’alfaissc, et tour à tour on les voit chanceler, s’éteindre et tomber sur la touffe de lleurs ou sur la tige qui les a vues naître, comme les fleurs de la nuit qui meurent aux approches du jour.

Pendant ce gracieux tableau, (liselle, subissant, comme scs légères sœurs, l’influence du jour, se laisse aller lentement dans les bras affaiblis d’Albert; elle se rapproche de la tombe, comme entraînée vers elle par sa destinée.

Albert, devinant le sort qui menace Giselle, l’emporte dans ses bras loin du tombeau, et la dépose sur un tertre au milieu d’une touffe de fleurs. Albert s’agenouille près d’elle, et lui donne un baiser, comme pour lui communiquer son âme et la rappeler à la vie.

Mais Giselle, lui montrant le soleil qui brille aloi-s de tous scs feux, semble lui dire qu’elle doit obéir à son sort et le quitter pour jamais.

En ce moment des fanfares bruyantes retentissent au soin des bois.

Albert les écoute avec crainte, et Giselle avec une douce joie.

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