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fariboles comme un militaire non gradé. Accordez-
moi un rendez-vous, et nous verrons ; soyez ici ce
soir à sept heures.
Quoi qu’il en coule à sa pudeur, Pâquerette ac. corde le rendez-vous... la vie de François est en danger, ce n’est pas le moment de faire des façons : elle compte bien d’ailleurs s’esquiver au moment dangereux.
Un appel de trompette sc fait entendre. Bridoux et les militaires sortent. Pâquerette, aussi, va quitter la scène, lorsque Catherine la relient par la main d’un air irrité, et lui reproche de venir ainsi enlever les amants aux cantinières, sous prétexte d’engagement. Pâquerette explique à la jalouse Catherine qu’elle n’a pas la moindre intention à l’endroit de Bridoux, qu’elle est amoureuse de François, avec qui elle est fiancée, et qu’elle a pris des habits d’homme pour s’engager dans le régiment et ne plus être séparée de lui. — Si elle a fait des agaceries au sergent, et si elle lui a donné rendez-vous, c’est uniquement dans le but de lui dérober la clef de la prison où François est enfermé. Catherine peut être tranquille. Pâquerette lui laisse tout entier le cœur de Bridoux.
Cotte explication calme la jalouse canlinière. Eh bien, s’il en est ainsi, je vous aiderai dans vos projets. François est un brave garçon qui m’intéresse, il serait
l’AQlKHETTE.
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dommage qu’il lui arrivât malheur ; el eu même temps je lie suis pas fâchée de jouer uu bon tour à ce volage de Bridoux.
— Je serai ici à sept heures, dit Pâquerette en sortant pour aller changer de costume, car maintenant (pi’elle est reconnue, les habits d’homme ne peuvent plus lui servir à rien ; cachez-vous dans quelque coin, et quand il faudra je vous appellerai.
L’idée de donner une leçon à Bridoux réjouit la canpnière, qui rit en elle-même de la bonne scène qui va se passer. Mais voici qu’un personnage de votre connaissance se présente, long, ridicule, empêtré et effaré! c’est Joh. 11 demande à la cantinière si une jeune fille, revêtue d’habits masculins, ne s’est pas introduite dans la caserne. — Oui, elle était là il, u’y a qu’un instant. — Grands dieux! serait-elle déjà repartie? — ^’on,.elle va revenir tout à l’heure. Mais qui êtes-vous pour vous intéresser ainsi à elle? que lui voulez-vous? — Je suis de son village et je l'aime. J’ai suivi sa trace jusqu’ici. — Eh bien, vous 1a verrez, répond la cantinière, elle sera ici à sept heures.
En ce moment, François montre sa tête aux barreaux de la prison pratiquée 'sur un des cotés de la scène; Job l’aperçoit et se réjouit de l’incarcération de son rival ; il aura ainsi le champ libre, pour ses déclarations galantes et scs entreprises amoureuses, et il
®ort en exprimant sa joie par des grimaces burlesques. A sept heures il sera là, et fera sa cour à Pâquerette à la barbe môme de François, mis en cage comme une bête féroce. Cette sorte de hardiesse sourit beaucoup à Job, qui n’est pas brave, comme on sait.
Bridoux rentre et tâche d'écarter Catherine, qui bût une fausse sortie.
Sept heures sonnent. Pâquerette arrive vêtue en femme et portant un paquet qu’elle jette à François, par les barreaux, pendant que Bridoux a le dos tourné.
Ici commence un pas, mêlé de pantomine, où chacun des partenaires poursuit l’idée qui l’occupe. Bridoux vent endarasscr Pâquerette. Pâquerette veut prendre la clef de la prison renfermée dans la poche de la veste de Bridoux.
Pour suivre la jeune fille dans ses évolutions rapides, le sergent, qui n’est pas un sylphe, ôte sa veste, qui legène, et la jette sur un banc dont Pâquerette se rapproche par une suite de pas furtifs et de poses coquettes. Dans un bond léger elle fait glisser la veste à terre, et en s’agenouillant pour la ramasser, elle tire de la poche la précieuse clef; la clef des champs pour François.
Quand elle la tient, elle refuse de se laisser embrasser par Bridoux, qui pour ménager la pudeur de
l'AQl KllKTTE. ill
la jeune lille, souffle l’uiü({uc lanlernc (jui éclaire la scène, persuadé que dans l’ombre toutes les \ertus sont grises.
Pâquerette avertit Catherine; lacantinière sort delfl cachette, se substitue à elle, reçoit le baiser qui était destiné à la jeune lille et revient ainsi à sa légitime adresse. — Bridoux n’en est pas moins ravi.
Pendant ce temps. Pâquerette va à pas de loup ouvrir la porte de la prison à François, qui s’est travesti en paysan avec les habits t|ue sa fiancée lui a jetés tout à riicure. An moment où il va sortir, passe une ronde do nuit; Pâquerette caclie François, (jui se blottit derrière sa robe étalée, et la lanterne de la ronde montre le cachot vide et Bridoux embrassant consciencieusement Catherine. A la faveur de l’étonnement général, François s’escjuive; le inaréclial des logis donne les signes de la pins violente colère; et lorsque Job paraît, plein de projets séducteurs, ou se jette sur lui, on le happe, et on lui fait endosser runiforme de son -remplaçant évadé. Pâquerette se sauve en riant et la toile tombe.
Les amants doivent se rejoindre dans une auberge éloignée, dont Pa((uerctte a jeté rapidement le nom à François.