‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 209 sur 210 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Tout 11 coup, Durwasas paraît. Il fait un geste de vengeance, et appelle la reine.

Celle-ci, surprenant Sacountalà seule avec le roi, s’abandonne à toute sa colère. Les autres femmes se joignent à elle comme un chœur irrité. Hamsati injurie et maltraite Sacountalà, qui résiste et tombe à

SACOU.NTALA.

genoux ; mais la reine la repousse violemment : et Durwasas, qui se trouve devant elle, la fait reculer épouvantée : « Je t’avais prédit le bûcher, » lui dit-il. Sur un geste de la reine, le bourreau parait avec ses aides, et elle ordonne qu’on inflige à Sacountalà les supplices les plus affreux. Ils seront encore trop doux pour cette malheureuse, qui a tenté d’abuser la bonne foi royale. Sacountalà la supplie d’avoir pitié ; la reine est inflexible. Elle cherche en vain le roi ; elle ne rencontre que l’implacable figure de Durwasas.

Les aides s’emparent d’elle, et le bourreau lui jette un voile noir sur la tête.

Sacountalà, saisie d’une angoisse mortelle, tombe : on l’entraîne au supplice.

Tout le monde sort.

Ilamsati, rayonnante et désormais sans rivale, s’assoit sur le trône, à côté de Douclimanta, jiromenant fièrement ses regards autour d’elle. Quant au roi, il est resté pensif, et il clierclie à son doigt l’anneau royal, dont il aperçoit l’absence pour la première fois.

4'JÜ

sr.ftNF: viî

l'M tumulte se fait euteudrc. Les officiers barrent le passage à un pêcheur qui essaye de pénétrer jusqu’au roi. Ou le repousse ; mais le roi, désirant savoir la cause de cette altercation, fait venir le pêcheur au pied de son trône.

Le pauvre homme raconte qu’il a trouvé l’anneau dans le ventre d’un poisson pêché par lui, et qu’il dépeçait pour la vente.

Le roi reconnaît aussitôt son anneau, et récompense richement le pêcheur.

Plus Douclimauta examine l’anneau, plus il seul sa raison s’éclaircir. 11 se rappelle maintenant tout ce qui s’est passé dans le bois.

Un rayon soudain a traversé le cerveau du roi ; l’ol)- ‘ scurité qui l’environnait se dissipe, car le vindicatil ermite s’est retiré, sachant que l’anneau retrouvé suspend son influence sur Douchmanta.

Ainsi, cette femme qu’il a repoussée tout à l’heure, c’était Sacountalâ ! Il l’a livrée au bourreau !

Éperdu, il interroge tout le monde : pour toute

SAGÜl'.NÏALA.

iT[ionsc, ou détourne Iristciiieut la tète. La reine s’avance, et annonce, avec une salisl'action cruelle, que Sacouutalà a subi sa punition.

Üouclimanta, irrité, la secoue avec violence, et l'ait un geste de menace terrible ; les reunnes de la reine se précipitent éplorées, et entourent Douelnnanta, qui ordonne aux bourreaux qui ont emmené Sacouutalà d’entraîner à son tour la perlide llamsali.

Page 1