‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 58 sur 210 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

(lEORGES, DAFNÉ.

GEORGES

Ces bruyères du Cap sont toutes défleurics ; Olez-les.

OAENÉ.

Oui, monsieur.

GEORGES

Sous ses grappes flétries.

Ce lilas blanc de Perse a Pair le plus piteux; .\rracbez-le.

12i TIIKATRK.

DAFNK.

r.’pst faiL

GEORGES

.lo no vois, c’est honteux,

Dans ce lieu que mon cœur voudrait plein de merveilles, On’un printemps négligé lait de fleurs déjà vieilles.

DAFNÉ.

Des fleurs de ce matin !

GEORGES

Qu’on dirait d’hier soir.

J’ôte aux mains de Dickson la bêche et l’arrosoir.

Un autre désormais prendra soin de la serre.

Pour mon Eve, il me faut un paradis sous verre.

(le salon est affreux.

DAFNÉ.

Ce salon tout doré?

GEORGES

L’architecte est un sot et je le changerai ;

Il ne m’a pas compris; c’est froid, vide, sans âme :

Un salon de banquier et non de jeune femme.

dafxf;.

Monsieur est difficile.

A mon rêve d’amant

J’aurais voulu pouvoir construire un nid charmanf. Ce luxe est sans esprit, ces tentures sont bêtes;

L’AMOUR SOUFFLE OU IL VEUT 12T

Pourquoi les tapissiers ne sont-ils pas poètes ?

Mon Dieii! que ces rideaux font‘de stupides plis!

11 aurait fallu là des pétales de lis,

Et non ce lourd damas à vingt-cinq francs le mèli^. A la place indiquée, a-t-on eu soin de mettre Le piano d’Érard et les partitions?

n.VFNK.

Oui.

GEORGES

Les livres sont-ils rangés sur les rayons?

DAFNÉ.

Tout est prêt.

GEORGES

Bien. Allez dire à mademoiselle Que j’attends au salon qu’il fasse jour chez elle..

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