I.ORn nURLEY
J’cn suis charmé. — Je sais la route, car j’en vieil. A nous autres. Anglais, quand le ciel gris tamise Ce spleen qui fait courir aux ponts de la Tamise, Chercher les pistolets dans le fond des tiroirs,
Ou, comme Castlereagh, repasser ses rasoirs,
Il faut pour nous sauver quelque étrange manie, Quelqu’entreprise folle et qu’on veut voir finie, Quelqu’amour insensé donnant une raison De remettre à demain noyade ou pendaison ; Heureux quiconque alors se crée un but à suivre! Eh bien , moi, j’ai trouvé mon prétexte de vivre. Lavinia! — J’étais lugubre, — il avait plu Et j’allais, comme on fait d’un roman déjà lu.
Dans un accès d’ennui, sans cette circonstance.
Au chapitre vingt-six jeter mon existence.
J’ai repris le volume et j’irai jusqu’au bout,
Car l’héroïne a mis de l’intérêt partout.
Biffez Lavinia de ce charmant poëme, Mylord.
LORD DURLEV.
Pour quel motif?
L’AMOUn SOUFFLE OU IL VEUT.
GEORGES
Eh! parce que je l’aime!
Avec ce beau saiig-lroid, courtoisement moqueur.
Ce que vous demandez, c’est mon sang, c’est mon cœur. Mon àine, mon trésor, mon rêve, ma chimère, l‘lus qu’en prenant la fdle ou n’enlève à la mère.
LORD DURLEV.
Eh bien , épousez-la puisqu’il en est ainsi ;
(Ju’elle soit, devant tous, la comtesse d’Elcy. Cependant il me vient un scrupule suprême;
Est-il sûr que.vraiment Lavinia vous aime.
Avez-vous échangé de mutuels aveux Ou l’espoir seul tout bas répond-il à vos vœux?
GEORGES, ù part.
Dans mon cœur il éveille une angoisse mortelle ;
M’ aime-t-elle en effet? — (Haut) Une insistance telle Me gêne.
LORD DURLEY.
Un galant homme, en cette extrémité, boit même à son rival toute la vérité ;
Pour moi qu’un non condamne et qu’un o^ilait renaître, G’est une question de ne pas être ou d’être.
GEORGES
Sur l’honneur, je ne puis dire que mon amour, bans le vrai sens du mot, soit payé de retour;
LORD nURLEY.
Éclaircissez ce point, et je viens dans une lieure Savoir de vous s’il faut que je vive ou je meure.
GEORGES
i\e revenez, milord, ni ce soir, ni demain.
Car jamais, moi vivant, vous n’obtiendrez sa main.
LORD DURLEY.
Pourtant, si sa réponse à vos vœux est contraire?
GEORGES
.le la refuserais même alors à mon frère.
Si j'en possédais un qui d’elle fût épris.
Et verrais sans pitié ses larmes et ses cris.
LORD DURLEY.
Vous dépassez le Turc en fait de jalousie.
J’agirai.
GEORGES
Voyez-vous, j’aime avec frénésie P’un amour aujourd'hui plus grand encor qu’hier. Vaste comme le ciel, profond comme la mer;
Ce n’est [>as la banale et passagère ivi’esse (Ju’inspire à tout jeune homme une belle maîtresse! Oh ! que non pas, — mais bien l’ardente alfection One le créateur porte à sa création.
Le père à son enfant, l’auteur .à son poëmc.
L’avare son trésor, le dévot à Dieu même.
Vous parliez de mourir! Üe mon espoir sevré,
L’AMOUR SOUFFLE OU IL VEUT
Ce ii’est pas vous, mylord, c’est moi qui me tuerai.
LORD DL’RLEy.
k la bonne heure! Enfin vous voilà raisonnable.
Vous VOUS tuez, — très-bien, — c’est décent, convenable. Original. — Alors, moi, j’essaye à mon tour,
Et si Laviniu repousse mon amour,
Je lui lègue mes biens et puis je m’intoxique b’ un verre d’eau sucrée à l’acide prussique.
PAUL
Pour un millionnaire excentrique et blasé,
So tuer n’est pas neuf.
LORD DURLEY.
Mais vivre est bien usé.
Repoussé, je m’immole à votre humeur jalouse;
Mais si je suis choisi, vous mourrez et j’épouse.
C est (lit. — Adieu 1