‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 88 sur 210 · PIERROT, COLOMBINE, LE DOCTEUR · texte numérisé non relu

PIERROT, COLOMBINE, LE DOCTEUR

LE DOCTEUR

Quatre, mon fils...

PIERROT

Docteur. . . vous êtes un vieux drôle

Je suis vivant...

Très-bien ! vous avez bu ma fiole ?

PIERROT

Je n’ai rien bu... sinon une souris.

LE DOCTEüIl.

Alors

Vous pouvez vous classer toujours parmi les morts. Galien, Paracelse, Hippocrate, Avicenne,

Disent également la pendaison malsaine.

Dans leurs œuvres l’on voit que, le larynx occlus, Le poumon avec l’air ne communique plus; L’organe intitulé parenchyme splénique (Car il faut vous parler le langage technique)

Se gonfle et du thorax emplit les cavités ;

D’un sang fuligineux les méats injectés N’apportent au cerveau que trouble et que vertige ; Bientôt la synovie aux jointures se fige,

L’on devient roide et sec comme un pantin de bois, Livide, et dans l’état enfin oùje vous vois.

PIERROT

Je prétends que je vis.

LE DOCTECR.

Non.

Si.

COLOMBINE

La chose est sûré.

LE DOCTEUR

Ce n'est qüe rêverie et qu'illusion pure..,

La science est certaine et ne trompe jamdis.

PIERROT POSTHUME

Mais...

LE DOCTEUR

Ne vous entêtez pas à vivre, étant mort...

PIERROT

Pas de mais.

PIERROT

Cette tape est-elle de main morte ?

Oui.

COLOMBINE, a Pierrot.

Donne-lui plus bas une preuve plus forte.

PIERROT lui donnant (le son pied au derrière.

Cet argument est-il de pied mort ?

LE DOCTEUR

Non.

PIERROT

Ces coups.

Pour venir d’un défunt, comment les trouvez-vous ?

LE DOCTEUR

Fort rudes ; vous frappez à rompre les vertèbres !

Tenez.

PIERROT

LE DOCTEUR

J’ai des amis dans les pompes funèbres,

Et si vous m’appliquez des soufflets aussi forts, Je vous fais empoigner par quatre croque-morts.

PIERROT

Docteur, pour éviter des gourmadessans nombre, Convenez que je suis un corps et non une ombre.

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