‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 97 sur 210 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

TES MÊMES, INEZ, au balcon.

MAhh\ETTE.

Monsieur, de ce côté veuille'^ tourner les yeux :

C’est Inez qui paraît.

VALÈRE

.le vois s’ouvrir les deux !

FRONTIN

Les deux! — Lue fenêtre à carreaux vei t bouteille !

VALÈRE

L’Aurore resplendit, souriante et vermeille...

FROiMIN.

L’aurore se met donc au balcon, ce matin?

VALÈRE

Faisant pâlir la rose à l’éclat de son teint!

FRONTIN

Pardon, monsieur. — Ce style est trop métaphorique, Et vous perdez le temps en fleurs de rhétorique : L’occasion est femme, et ne nous attend pas... Marinette, aux aguets cours te mettre là-bas.

— Au pied du mur, je vais faire la courte échelle,

LE TIUCOKNE ENCHANTE.

Afin de vous hausser jusques à votre belle.

VALÈRE

Comment payer...?

FRONTIK.

Plus tard, quand vous serez en fonds!

VALÈRE

Fronlin, ô nion sauveur!

FRONTIN

Allons, vite, griin|H)iis!

lue! deu.v!

VALÈRE, ïur le (lo:> de Fruiiliii.

.M’y voilà!

FRO-NTIN.

. Tenez- vous au balustrc.

VALÈRE, ù Inex.

Pour s’élever à vous, il faudrait être illustre, liiez, èHre le lils des rois ou des héros.

FRO.NTlt».

11 suffit d’un Frontin qui vous prête son dos...

VALÈRE

Je sens tout mon néiuit et toute ma iniscre !

Je n’ai rien, je le sais, qui soit fait pour vous plaire, •Mais vos yeux, à la fois charmants et meurtriers.

Ont des traits à percer les plus durs boucliers.

Ne vous offensez pas des soupirs qui s’échappent l)u sein des malheureux que, par inégarde, ils fi appent;

Ne vous olïensez pas d’uii téméraire espoir,

Et ce cœur tout à vous daignez le recevoir !

INEZ

Le pardon est aisé quand l’offense est si douce !

VALÈRE

Croyez que mon amour... Diantre! quelle secousse! J’ai failli choir!

FRONTIN

Monsieur, vous pesez comme un plomb.

.Achevez, et, pour Dieu, ne soyez pas si long !

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