‹ Théatre (volume 3)Chapitre 47 sur 191 · GEORGES, DAFNE · texte numérisé non relu

GEORGES, DAFNE

GEORGES

Ces bruyères du Cap sont toutes défleuries ; Otez-les.

DAFNÉ.

Oui, monsieur.

GEORGES

Sous ses grappes flétries, Ce lilas blanc de Perse a l'air le plus piteux ; Arrachez-le,

DAFNÉ.

C'est fait.

GEORGES

Je ne vois, c'est honteux, Dans ce lieu que mon cœur voudrait plein de merveilles. Qu'un printemps négligé fait de fleurs déjà vieilles.

DAFNÉ.

Des fleurs de ce matin !

GEORGES

Qu'on dirait d'hier soir.

J'ôte aux mains de Dickson la bêche et l'arrosoir. Un autre désormais prendra soin de la serre. Pour mon Eve, il me faut un paradis sous verre. Ce salon est affreux.

DAFNÉ.

Ce salon tout doré?

GEORGES

L'architecte est un sot et je le changerai ;

Il ne m'a pas compris ; c'est froid, vide, sans âme :

Un salon de banquier et non déjeune femme.

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