FRONTIN, MARINETTE
FRONTIN, entrant, à part.
Quoi ! Marinette ici !
HARI.NETTE, même jeu.
Fronlin ! quelle rencontre !.
FRONTIN, de môme.
La coquîAe L
MARINETTE, de même.
Le drôle !
FROIITIN, de même.
Il faut que je me montre.
Elle m'a vu...
Haut.
Bonjour, Marinette.
MARINETTE
Bonjour, Frontin... Ce cher ami, le voilà de retour !
PRONTIN.
Oui, d'hier, seulement... J'étais à la campagne, Dans mes terres...
Marinette.
Et moi qui te croyais au bagne !
FRONTIN
Tu me flattes!... Mais, toi, qui donc m'a raconté Que, faute de château pour passer ton été, — N'en rougis pas, la chose arrive aux plus honnêtes ! . . . Pendant six mois, tu pris l'air... aux Madelonnettes ?
MARINETTE
D'où je sortis le jour que, par malentendu
Sans doute, en plein marché ton oncle fut pendu...
FRONTIN i
Hélas ! de compagnie avec monsieur ton père... Quel brave homme ! Le ciel l'enviait à la terre, î^i bien qu'il a fallu le mettre entre les deux ! lli!hi!hi!hi!
KARINErTE.
Cessons des propos hasardeux.
A quoi bon rappeler de semblables vétilles ? Chacun a ses malheurs, et si dans nos familles Il s'est trouvé parfois de ces rares esprits, Par des juges mesquins, méconnus, incompris,
Faut-il l'aller crier sur la place publique?
Non, ^e n'est pas ainsi qu'entre amis l'on s'explique !
FRONTIN
C'est juste. Mais changeons d'entretien. Que fais-tu Maintenant?
MARINETTE
Rien qui soit contraire à la vertu.
FRONTLN.
Ah ! bah !
MARINETTE
De mes conseils j'aide une demoiselle Charmante, sur qui pèse une affreuse tutelle,
FRONTIN
Qui donc t'a procuré de bons certificats ?
MARINETTE
Insolent ! .
FRONTIN
La, tout doux ! Je fais le plus grand cas De toi. . .^ je plaisantais.
MARINETTE
Trêve de raillerie î Sur quel pied, dans ce monde, est Votre Seigneurie ?
FRONTIN
Je sers un gentilhomme amoureux, — l'animal î J'ai très-peu de profits ; mais j'ai beaucoup de mal. 11 faut tout faire ! Ah ! si le sort m'avait fait naître Situé de façon à pouvoir être maître.
Je ue l'aurais pas pris pour valet, à coup sûr ! N'est pas valet qui veut ! C'est un métier fort dur ; Ou exige de nous tant de vertus... pratiques ! Bien des héros seraient de piètres domestiques ; Les maîtres ! que feraient sans nous ces marauds-là ?
MARmETTE.
Mais si quelqu'un au tien allait dire cela?...
FRONTIN
il n'en ferait que rire; il m'aime. J'ai des vices...
MARINETTE
Lesquels rendent aux siens de précieux services !
FRONTIN
C'est vrai ! Je suis adroit ; mais il est amoureux. Et ces deux grands défauts se consolent entre eux !
MARINETTE
C'est comme moi, Frontiii ; si j'étais trop naïve, De quoi donc servirais-je à mon Agnès craintive ?
FRONTIN
Je m'en rapporte à toi pour faire ton devoir, Marinette... A propos, je voudrais bien savoir Pour quel motif tu viens, à ces heures sauvafjos, Mystérieusement rôder dans ces parages?
UARINETTE.
Ainsi que toi, je suis dans la position,
Cher Froritin, de commettre une indiscrétion ;
— Je la commets. — Pourquoi venir ici, vieux drôle,
La toque sur les yeux, le manteau sur Tépaule?
PRONTÏN,
Réponds, je répondrai.
MARINETTE
Tu sais qu'en demandant L'on n'obtient rien de moi. J'ai des mœurs.
FRONTIN
Cependant
11 n'en fut pas toujours ainsi...
MARINETTE
Impertinent !
Fat'
FRONTIN
Oublieuse î
MARINETTE
FRONTIN
Méchante !
MARINETTE
Indiscret !
FRONTIN
Curieuse !
MARUtETTE.
Chut ! quelqu'un vient.
FRONTIN
Eh ! c'est Champagne, le valet De Géronte... A-t-il Tair d un oison!
MARINETTE
Est-il laid!