‹ ThéatreChapitre 142 sur 232 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

Une gerbe de jonc marin s'entr'ouvre alors lentement, et du sein de l'iiumide feuillage ou voit s'éiancir la légère Myrlha, ombre transparente et pâle, la reine des Wilis. Elle apporte avec elle un jour mystérieux qui éclaire subitement la forêt, en pcrç iut les ombres de la nuit. Il en est ainsi toutes les fois que les Wilis paiaissent. Sur les blanches épaules de Myitlia, palpitent et frémissent des ailes diaphanes d.ms les- (luelles la Wiii peut s'envelopper comme avec un voile de gaz.

Celte apparition insaisissable ne peut rester en place, et s'élançanl tantôt sur une louife de ileurs, tantôt sur une brandie de saule, voltige çà et là, parcourant et semblant

reconnaître son petit empire, dont elle vient cliaqne nnit prendre de nouveau possession. Elle se baigne dans les eaux du lac, puis se suspend aux branches des saules et s'y balance.

Après un pas dansé par elle seule, elle cueille une branche de romarin, et en touche alternativement chaque plante, chaque buisson, chaque touffe de feuillage.

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