SCÈNE VU
Albert paraît suivi de WillVid, sou fidèle écuycr. Leduc est triste, pâle ; ses vêtements sont en désordre ; sa raison s'est presque égarée à la suite de la mort de Giselle. 11 s'approche lentement de la croix, semble chercher un souvenir et vouloir rappeler ses idées confuses.
AVjlfrid supplie Albert de le suivre, de ni; pas s'arrêter près de ce fatal tonibi-au, qui lui retrace tant de chagrins. Albert l'engage à s'éloigner... WillVid insiste ericore; mais Albert lui ordonne avec tant de fermeté de le quitter, que Wilhid est forcé d'obéir, et sort en se pi omettant bien de faire une dernière tentative pour éloigner sou maître de ce lieu lunesle.
SCKM'. VIII
A peine resté seul, Albert donne un libre cours à sa douleur; son cœur se déchire, il fond en larmes. Tout à coup, il pâlit, ses regards se. lixent sur un objet étrange (jui se dessine devant ses yeux... 11 reste frappé de sur|)risc et presque de terreur en rccoun lissaut Giselle, ipii le regarde avec amour.
SCKNE IX
En proie au plus vlobnil délire, m la plus vive anxiété, il doute encore, il n'ose croire à ce qu'il voit; car ce n'esl plus
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la' jolie Giselle, telle qu'il l'adorait, mais Giselle la Wili, dans sa nouvelle et bizarre métamorphose, toujours immobile devaut lui. La Wili semble seulement l'appeler du regard. Albeit, se croyant sous l'empire d'une douce illusion, s'approche d'elle à pas lents et avec précaution, comme un enfant qui veut saisir un papillon sur une fleur. Mais au moment oij il étend la main vers Giselle, plus prompte que l'éclair, celle-ci s'élance loin de lui, et s'envole en traversant les airs comme une coiomLe craintive, pour se poser à une autre place, d'oij elle lui jette des regards pleins d'amour.
Ce pas, ou plutôt ce vol, se répète plusieurs fois, au grand désespuir d'Albert, qui cherche vainement à joindre la Wili, fuyant quelquefois au-dessus de lui comme une légère vapeur.
Parfois, pourtant, elle lui fait un geste d'amour, lui jette une fleur, qu'elle enlève sur sa tige, lui adresse un baiser ; mais, impalpable comme un nuage, elle disparaît dès qu'il croit pouvoir la saisir.
Il y renonce enfin ! s'agenouille près de la croix, et joint les mains devant elle d'un air suppliant. La Wili, comme attirée par celte muette douleur si pleine d'amour, s'élance légèrement près de son amant; il la louche; déjà, ivre d'amour, de bonheur, il va s'en emparer, lorsque, glissant doucement entre ses bras, elle s'évanouit au milieu des roses, et Albert, en fermant les bras, n'embrasse plus que la croix du tombeau.
Le désespoir le plus profond s'empare de lui, il se relève et va s'éloigner de ce lieu de douleur, lorsque le plus étrange spectacle s'offre à ses yeux et le fascine au point qu'il est en quelque sorte arrêté, fixe, et forcé d'être témoin de l'étratige scène qui se déroule devant lui.