SCÈNE yiii
l'nc prison de la forteresse, .\rceaux mauresques, murailles sombres 1 riolées de versets du Koran. .\u fond, une fenùtre grillée.
Achmet, prisonnier, tâche de corrompre le gardien du cachot ; il n'y peut parvenir, lant est grande la terreurqu'inspire le caractère nifle.\iljle du pacli.i. Après cette tentative inutile, Achmet découragé laisse tomber sa tête sur sa poitrine, car il est affreux, même pour l'homme le- plus ferme, de mourir si jeune et par un si crnul supplice ; mais Léïla s'est mise sous la protection d'Achraet, elle s'est jetée au-devaut du poignard qui le menaçait ; il restera inébranlable dans sa résolution, il ne la livrera pas et sacrifiera pour elle la vie qu'elle lui a sauvée. — Si du moins il avait pu emporter le bouquet magique, il appellerait la Péii à son stcouis; mais Nourmahal s'en est emparé dans sa fureur jalouse et l'a foulé aux pieds. Plus de moyen de la faire ai)paraître. Pendant qu'il se livre à ces tristes réflexions, le mur de la prison s'enlr'ouvre et la Péri se dresse subitement devant lui. — Viens avec moi, lui dit-elle, abandonne Tesclave; les verrous et les grilles
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s'ouvriront d'eux mêmes pour te laisser passer. Si tu me suis, la liljcrlé, la vie, le soleil, les trésors à pleins co(fres, tout ce cproM peut rêver de plaisirs et de bonliciu-, de voluptés cleruelles. Si lu restes, un supplice ('pouvant;il)!c, et pour qui? pour une femme, pour une simple mortelle, dont la beauté ne doit durer qu'un jour, et qui ne sera bientôt qu'une pincée de poussière. Je l'aime et je suis jalouse de celle Léïla, rends-la à son maître, qui la punira comme elle le méiitc pour s'être échappée de son sérail ; je l'emmènerai dans mon royaume féeri.jue et je te ferai asseoir à mes côtés sur un trône de diamant. — La Péri veut s'assurer par cette dernière épreuve des sentiments d'Achmet, qui refuse le bonheur et la puissance à de pareilles conditions. — Voyant qu'elle no peut rien obtenir, elle se relire en affectant une col.ère dédaigneuse.