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SCÈNE XI

Sacountalà, on ne l'a pas oublié, est, par sa mère, d'origine céleste. La nymphe Menaça, dont elle est fille, vient à son secours dans ce moment suprême; les cimes des arhres s'écartent, laissant passer des flots de lumière. Les apsaras descendent du ciel apportant des étofie^ en toile de soleil et en gaz de lune; des tètes de nymphes apparaissent à travers les interstices du feuillage. Les arbustes allongent leurs branches fleuries comme de petites mains portant des bijoux, des colliers d'or, des fils de perles.

Sa toilette finie, Sacountalà se prosterne devant les déesses, les génies et les apsaras, qui remontent au ciel.

Anousouya, Priyamwada et les autres jeunes filles l'entourent et l'admirent en la voyant si belle; certes, le roi T)ouchmaiila ne peut naïuiuer de la bien accueillir, malgré le sort jeté |)ar l'ermite : n'est-cHe pas d'ailleurs sous la protection des apsaras?

Il est temps de partir. Sacountalà fait ses alioux à ses com-

pagnes, à son antilope, à ses plantes chéries, qu'elle embrasse tour à leur comme si c'étaient des êtres doués d'une âme.

Le sage Canoua, avec quelques brahmatcharis et Gautami, la gouvernante des jeunes prêtresses, accompagne Sacountalâ, qui, avant de s'éloigner, se retourne plusieurs fois et jette des baisers à ses amies.

Durwasas, qui veut contrarier l'influence salutaire de Canoua, son rival en sainteté, laisse prendre un peu d'avance au cortège, se revêt d'une robe de bralime, et sort à grands pas du même côté. Les jeunes filles, qui regrettent Sacountalâ, se groupent dans des poses abattues et mélancoliques.

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