SCÈNE IX
Durwasas, satisfait de son commencement de vengeance, s'asseoit dans un coin et niarniolle des prière>. Les jeunes lilles et les Drahmatcliaris rentrent ayant c\\ tète le sag(.' Canoiia. Sacounlalà s'est affaissée "a demi évanouie au pied d'un arbre. On la relève et on la fait revenir à elle. Klle désigne rermilc assis sur une pierre d'un air terrible cl n'frogné, Catioua comprend co qui s'est passé, ras-
sure Sacountalà ticmbranlc et dit qu'il va faire ses efforts pour conjurtr le maléfice. 11 récite une formule et jette sur l'autel quelques poignées de l'herbe cussa. Le feu brille, le bois s'illumine d'un feu bleuâtre, et dans la fumée qui s'élève et se sépare, se dessine un Iransparont qui montre Douchmanta sur son trône, ayant à son côté Sacounlalà en costume de reine et tenant sur ses genoux un petit enfant aussi beau que Càma le dieu de l'amour. — Les malédictions de l'ermite sont neutralisées par les prières du pieux Canoua. Ce présage heureux rassure Sacountalà et ses compagnes.
Mais le méchant ermite, qui a regardé cette scène d'un œil méprisant, s'approche à son tour de l'autel, invoque Shiva le dieu de la destruction, répand de l'herbe sacrée sur le feu et fait apparaître dans la fumée un transparent où l'on voit Sacountalà conduite à la mort. Tant que le transparent est visible, un reflet rougeâtre incendie la forêt.
Consternation générale. lequel de ces deux présages faut-il croire? Sacountalà laisse pendre ses bras avec abattement, mais bientôt elle relève la tête, son œil brille. La courageuse jeune fille bravera les malédictions et les présages funestes. — L'amour ne ' doit j)as craindre la mort, elle ira malgré tout retrouver au palais d'IIastinapourou l'infortuné Douchmanta qui peut avoir besoin de son dévouement. Le sage Canoua l'approuve et la bénit.
Elle va partir, mais ses vêtements sont trop simples pour la présenter à la cour. Comment faire? Les ermites vivent dans la pauvreté et la sainte solitude ne contient pas de bazar où l'on puisse acheter de riches habits.
Canoua dit qu'il ne faut pas s'en inquiéter et que le ciel y pourvoira. On commence la toilette de Sacountalà. Ses compagnes la dépouillent de ses voiles et lui fond prendre le bain dans l'étang s'acré. L'ermite cependant fait des gestes d'imprécation, et l'anneau royal donné par Douchmanta à Sacountalà s'échappe du doigt de la baigneuse et disparait sous l'eau de l'étang où on le cherche vainement.
Cri de douleur de Sacountalà qui s'aperçoit aussitôt de cette perle. Comment désormais pénétrer dans le palais dHastinapourou et se faire connaitre comme fiancée du roi?
■i Reste avec nous », dit Priyamwada. « Non, je braverai tout », répond la jeune femme. « N'as-tu pas l'amour du roi, dit Anousouya, il te recpnaaitl'a a ta beauté; qu'as-lu besoin de l'anneau »?