‹ ThéatreChapitre 50 sur 232 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Un niûii n\)iis. — Un ermitage près do Moiilmorcncy.

SAINT-ALBIN, CÉLINDE.

SALNT-ALtIN.

Comment vous liabillerez-voiis pom' aller à cette fèlc cliampèlrc? 11 y aura quelques femmes de la ville. Metlrczvous vos diamants?

CÉLUNDE.

Les (leurs des champs formeront ma parure. Je ne veux pas de ces ornements fastueux, qui me rappelleraient ce que je dois oublier. J'ai renvoyé les écrins à ceux qui me les avaient demies.

SAINT-ALDIN.

Sublime désintéressement! — (a part.) C'est dommage, j'aime les folles bluettes que les belles pierres lancent aux feux des bougies. — (Haut.) Et vos dentelle;.?

CÉLINDE.

Je les ai vendues, et j'en- ai donné l'argent aux pauvreî^. Elles se seraient déchirées aux ronces des buissonu, aux {liquanls des églantiers.

SAINT-ALBIN

Des dentelles font bien au bas d'une robe.

CÉLINDE.

Irai-je traîner des falbalas dans la rosée des prairies? Un founcau de toile anglaise rayée de rose, un chapeau de paille iur l'oreille, voilà ma toilette.

SAINT-ALBIN

, Il faudra vous farder un peu ; je vous trouve pfde.

CÉLINDE.

L'onde crislallinc des sources suffira pour raviver les couleurs de mes joues.

?AIM-A-LDIN.

Je suis d'avis pourtant qu^une touché de rouge sous l'oeil allume le regard, et qu'une assassine, posée au coijii de la lèvre, donne du piquant à la physionomie... F*rendrez-vous votre sachet de peau d'Espagne? Ces bons villageois ont quelquefois l'odeur forte.

CÉLINDE.

La violeite des bois, attiédie sur mon cœur, sera notre seul parfum.

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