‹ ThéatreChapitre 55 sur 232 · I.A FAUSSE COMYEP.SION. 7j · texte numérisé non relu

I.A FAUSSE COMYEP.SION. 7j

liotn iinnioilcl jioiir un grimaud (jui vous Ironipe, j'en suis bùr. .. LuissCT cctlc grosse Rosimcnc luire craquer sous sou poids les planches que vous effleuriez si légèrement du lioiit lie votre petit pied, c'est impardonnable ! Le public a si iiiiu.vais goût, qu'il serait capable de l'applaudir.

CÉLINDE.

Le parterre prend souvent l'indécence pour la Yoluj)tc et la minauderie pour la grâce.

LE DUC

Vous n'auriez qu'à reparaître pour la faire rentrer parnu les ligurantesà vingt-cinq sous la pièce, dont elle n'aurait jamais dû sortir.

CÉLINDE.

Pourquoi parler de cela, puisque mon sort est à jamais , fixe?

LE DUC

Ce sont là des mots bien solennels.

SUZON, une leUre à la main.

Madame, voilà une lettre qu'un petit garçon m'a donnée • pour vous.

CÉLINDE.

C'est l'écriture de Saint-Albin... Qu'est-ce que cela signifie ? 11 vient de sortir à l'instant : que peut-il avoir à me dire? Je tremble... rompons le cachet. — Duc, vous permettez.

LE DUC

Comment donc!

CÉLINDE lit.

« Ma CHÈRE Céi-inde,

« Ce que j'avais à vous dire était tellement cniDarrassant, « que j'ai pris le parti de vous en informer par une lettre. « Vous allez m'appeler perfide, je ne fus qu'imprudent ; la « dosliuéc qui s'acharne sur moi ne veut pas que je sois lieu-

76 TIIÉATI'.E.

« reux selon le vœu de mon cœur. — llomnic simple cl vci- « tueux, j'étais fait pour le bonheur des cliamps, et voici qu'im « événement, que j'aurais dû prévoir, me rap[ielle à la ville. « — Vous savez, Célinde, que, partageant les idées de Jean- « Jacques, je form.iis à la vertu une jeune âme dans le sein (I d'une famile riche. Mon élève avait une sœur qui venait « souvent écouter mes levons; comme Saint-Preux, monnio- « dèle, mon héros, j'avais b .soin d'une Julie pour admirer la « lune sur le lac et me promener dans les bosquets de Cla- « rens... Que vous dirai-je ? j'imitai si fidèlement mon type « d'adoption, que bientôt ma Julie ne put cacher que, mépri- (( saut de vils préjugés, elle avait cédé aux doux entraine- (( monts de la nature, et se trouvait dans la position de don- « ner un citoyen de plus à la pairie. Les parents, s'étant « aperçus de l'état de leur fille, me sommèrent de réparer « l'outrage fait à son honneur, en sorte que je me suis vu « forcé de promettre d'épouser une héiitière qui n'a pas moins « de cent mille écus de dot... Cela n'est-il pas tout à f;iit con- « Irariant pour moi, qui fais profession de mépriser les riches- « ses et qui ne demande qu'un lait pur sous un toit de chaume? « 0 Célinde! ne m'en voulez pas. Le destin impérieux m'en- « traîne, tâchez de m'oublier : vous êtes heureuse, vous, rien « ne vous empêche de couler dans la retraite, au sein des « plaisirs simples, de? jours exempts d'orages. (( Adieu pour jamais,

« Le malheureux Saim-Ai.ui.n. »

ClÎLIiNDK.

Le scélérat ! comme il m'a trompée ! Oh ! j'étouffe de douleur et de rage!

LK DUC

(Ju'est- e donc?

CiLIiNDE.

Lisez.

La rVUSSE CONYERSIOri 77

LE DUC

Cela n'a rien qui m'étonne. Les gens romanesques lonl loujoui-à des folios avec les riches héritières.

FLORINE

I Celait un gueux, un libertin, un hypocrite ; je né Pai jamais dit à madame, mais il m'embrassait toujours dans le corridor sombre, et si j'avais voulu... Heureusement j'ai des principes.

CÉLINDE.

Et j'ai pu le préférer à vous !

LE DUC

Tant pis pour lui s'il ne ressemblait pas à votre rêve.

FLORINE

Maintenant nous n'avons plus de raison de rester dans les terres labourées ; si nous retournions un peu voir en quel état e>t le pavé de Paris?...

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