LES MÊMES, GÉRONTE
GÉUONTE.
Qu'est-ce ? on bat ^Champagne ?
FRONTIN
Il l'a bien mérité, Et je voudrais l'avoir encor plus maltraité !
GÉRONTE
C»u'a-t-il fait?
FRONTIN
Rien,, monsieur, et c'est son plus grand crime: Un laquais fainéant est indigne d'estime ; Car il est bien prouvé qu'on ne l'engage pas Pour cracher dans les puits et se croiser les bras.
Mou domestique oisif! ah ! le lâche courage ! Tu me frustres !
CHAMPAGNE
Monsieur, j'ai fini mon ouvrage.
GÉRONTE
Recommence-le !
FRONTIN
Au lieu de garder la maison, Il boit au cabaret à perdre la raison !
MARINETTE
Voyez plutôt: le vin illumine sa trogne.
Et sur son nez écrit en couleur rouge : Ivrogne:
CHAMPAGNE
Si j'ai bu, les poissons dans la Seine sont gris.
CÉr.OiNTE.
Est-ce pour te soûler, goinfre, que je t'ai pris ?
CHAMPAGNE
Je suis à jeun.
Fr.OMIN, le poussanl.
l^e sol, à son pied qui chancelle Semble, par un gros temps, le pont d'une nacelle.
MARIETTE, même jeu.
11 ne danserait pas sur la corde, bien sûr !
FRONTIN, même jeu.
Pour t' appuyer, veux-tu que je t'apporte un mur?
CIIAMPAG-NE.
Ne me pousse donc pas !
GÉRONTE
Sac à vin ? bryle immonde !
MARINETTE
En cet affreux état pendant qu'il vagabonde, (Juelqu'un de ces blondins, hirondelles d'amour Oui rasent les balcons sur le déclin du jour, N'aurait qu'à pénétrer jusqu'à votre pupille !
FP.O.VTIN.
Quelqu'un de ces gaillards de morale facile. N'aurait qu'à se glisser jusqu'à votre trésor !
GI'RONTE.
Ciel ! qi»e dites-vous là ? Ma pupille ! mon or ! Les galants, les voleurs ! Ah ! j'en perdrai la lèle ! Je te chasse, brigand !
CHAMPAGNE
Monsieur, je vous réj)èle
«Juo.
, CEROMTE.
Pas un nîot de plus, ou je t'assomme !
Au moins,
Rendez-moi mon argent.
GÉROME
Tu n'as pas de témoins :
Ton argent ! pour les frais de dépôt, je le garde, .$OTS d'ici, scéléral !
Tous tombent sur Champagne.
CHASIPAGNE, se sauvant.
Au secours ! à la garde !