SCÈNE VIII
GÉRONTE, seul.
Quel est donc le fossé, quelle est doncla mumille
Où gît, cuvant son vin, cette brave canaille?
0 (Campagne ! es-tu mort? As-tu pris pour cercueil
Un tonneau défoncé de brie ou d'argeuteuil ?
Modèle des valets, perle des domestiques,
Qui passais en vertu les esclaves antiqiies.
Que le ciel avait fait uniquement pour moi,
Par qui te remplacer, comment vivre sans toi?
— Parbleu ! si j'essayais de me servir moi-même!
Ce serait la façon de trancher le problème.
Je me cemmanderais et je m'obéirais;
Je m'aurais sous la main, et, quand je me voudrais,
Je n'aurais pas besoin de me pendre aux sonnettes.
Nul ne sait mieux que moi que j'ai des mœurs honnêtes.
Que je me suis toujours conduit loyalement;
Ainsi donc je m'accepte avec empressement.
Ah ! messieurs les blondins, si celui-là me trompe,
Vous le pourrez aller crier à son de trompe ;
J'empocherai votre or, et me le remettrai :
Vos billets pleins de musc, c'est moi qui les lirai.
D'ailleurs, je prends demain, qu'on me loue ou me blâme
Mademoiselle Inez, ma pupille, pour femme. ^
Elle me soignera dans mes quintes àe toux,
Et, près d'elle couché, je me rirai de vous,
Les Amadis transis, les coureurs de fortune.
Gelant sous le balcon par un beau clair de lune r.
Va, quand j'apercevrai mon coquin de neveu,
De deux ou trois seaux d'eau j'arroserai son feu...