‹ ThéâtreChapitre 118 sur 250 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

ISABELLE

Eh bien, celle-là ira très bien; nous ne voulons pas rester plus de quelques minutes. (A Veauchenu.) Je ne soupe pas...

VEAUCHENU, désappointé.

Pourquoi ça?

ISABELLE

Tu sais très bien qu'il vaut mieux que tu ne soupes pas.

VEAUCHENU.

Mais tu m'avais dit qu’on souperait.

ISABELLE

J’ai changé d’avis. (Au gérant). Vous donnerez simplement du chocolat... Comme ça, ca ira, ce sera très bien. .

VEAUCHENU, boudeur.

Oui, oui.

ISABELLE

Je te dis que ce sera très bien. Et tu me conduiras chez moi à minuit et demi, puis tu rentreras te coucher immédiatement. ;

VEAUCHENU.

S1 tôt?

ISABELLE

A minuit et demi, ce n’est pas tôt. Il faut que tu travailles demain matin. Tu sais bien que tu as une séance de ton conseil d'administration.

VEAUCHENU.

Demain matin?

ISABELLE. Certainement.

VEAUCGHENU.

Tu es mieux renseignée que moi.

ISABELLE

Oui, je me suis renseignée. Tu me mentais. Tu me disais que tu n'avais pas conseil, quand tu avais conseil. Et je veux que tu assistes très régulièrement à tes conseils d'administration. Tu n'es vraiment pas d'âge à faire le feignant. Et puis, c’est écœurant, de voir un vieillard ne pas s'occuper de ses affaires, alors qu'il a, je ne dis pas toute sa force ni toute son intelligence, mais encore quelques petites facultés... Tu travailleras tant que tu pourras, entends-tu?

VEAUCHENU.

Oh! mon Dieu! mon Dieu!

ISABELLE

u’est-ce qu’il y a : Oh! mon Dieu! mon Dieu?

VEAUCHENU.

Comme tu as changé en moins de trois semaines!

ISABELLE

Dame! On a beau être jeune, on devient sérieux à force de fréquenter des gens sérieux. (Levant les épaules.) Des gens sérieux! sérieux comme tu étais, parce que maintenant, tu as changé encore plus que moi. Tu es devenu un vieux fétard!

VEAUCHENU, gaiment.

Oui, oui, c’est vrai, ie suis devenu un vieux fêtard! ) » J

ISABELLE

Oh! écoute, je te défends de prendre ces airs-là! Je

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