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ACTE DEUXIÈME

déteste ça, entends-tu? Moi qui étais si contente d'avoir trouvé un camarade respectable, si je m'aperçois qhe tu n’es qu'un vieux marcheur, je ne serai pas loñgue à te plaquer.

VEAUCHENU.

Tu étais si gentille au café, il y a trois semaines!

ISABELLE

Mais fu m'as fait de la morale tout le temps, et je m'en suis souvenu..

VEAUCHENU.

Trop! ça me plaisait de te faire de la morale. Maintenant, je n’ai plus le même agrément à te morigéner. Tu es d’une sagesse décourageante, tu es plus sage que la Sagesse elle-même. Tu étais si gaie! Il faudra y retourner, dans ce petit café.

ISABELLE

Non, non! je n’y vais plus, et, tu sais, je te défends d'y aller. Je ne veux pas que tu ailles au café pendant

la journée. Si on te laissait faire, tu deviendrais un pilier de café.

VEAUCHENU.

Tout de même, Isabelle, si nous y retournions : ne serait-ce que pour voir Albert, le fameux garçon de café?

ISABELLE

Mais nous n'avons pas besoin d’aller là pour le voir,

nous le rencontrons dans tous les restaurants de nuit.

VEAUCHENU.

C'est curieux, tout de même!

ISABELLE

Mais non, ce n’est pas curieux! Son patron n’a pas voulu lui rendre sa liberté, alors, comme il veut profiter de sa fortune, il fait la noce toute la nuit, aussitôt qu'il a terminé son service au café. Il m'a expliqué ça l’autre jour à « la Paix », quand je l'ai rencontré au lavabo. Il m'a même demandé le secret sur toute cette histoire-là, parce qu’il est maintenant avec Bérengère d'Aquitaine... oui, cette grue épatante qu’il aimait déjà lorsqu'il était garçon de café! Seulement comme il a eu peur de se faire chiner par : Bérengère, il ne lui a pas dit ce qu'il était. Il s’en cache même soigneusement, Elle le prend pour un jeune fils de famille, très occupé dans une banque où l’on travaille jusqu’à minuit. |

C’est une jolie femme?

ISABELLE

Je te crois! Bérengère, c’est une des grues les plus en vue de Paris... Il a voulu l'avoir, il l’a eue. Oh! quand on a de l'argent!

VEAUCHENU.

Ah! la fête!

ISABELLE, le regardant.

Si ça ne fait pas pitié! (Au garçon.) Garçon! recevez. (A Veauchenu.) J'ai payé. Je te mène chez toi.

VAUCHENU.

Mais non, voyons! Puisque c’est convenu que c’est moi qui te ramène.

4 D Lis

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