‹ ThéâtreChapitre 151 sur 250 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LA CAISSIÈRE, UN JOURNALISTE, XAVIER, puis ALBERT et PHILIBERT.

XAVIER, s'asseyant avec le journaliste.

Monsieur le journaliste, la meilleure chose était de se rendre compte de visu.

LE JOURNALISTE

Attendez que je tire mon carnet, d’abord, et que je note votre titre exact.

XAVIER

Je suis secrétaire de la Chambre syndicale des garçons de café. Je suis garçon de café depuis plus de vingt ans. |

LE JOURNALISTE, écrivant.

Bien.

XAVIER

En venant ici, dans ce café, où nous sommes entrés au hasard, vous allez vous rendre compte, monsieur, de l'existence de martyrs que mènent les garçons de café. Notez qu’il est huit heures du matin et qu’à cette heure-ci, où les banques ne sont pas encore ouvertes le garçon de café, qui doit veiller jusqu’à minuit et même davantage, le garçon de café est déjà à son poste.

LE JOURNALISTE

Où est-il?

XAVIER

Il va venir. (A la caissière.) Eh bien, et le garçon?

LA CAISSIÈRE

Il va venir.

XAVIER, impatient.

Il devrait déjà être ici... Qui est-ce qui va servir les clients? C’est insupportable!

LE JOURNALISTE

Mais ne soyez pas exigeant pour quatre minutes de retard.

XAVIER, sec.

Cela ne devrait pas arriver.

LA CAISSIÈRE

Attendez un peu... Je ne sais pas comment ça se fait qu'il ne soit pas là... Une voiture qui s'arrête... Le voilà qui arrive.

LE JOURNALISTE

Il arrive en voiture?

XAVIER

C'est probablement un cocher de ses copains qui aura eu la gentillesse de le déposer en passant... Oh! vous savez, ce n’est pas une complaisance inutile. le pauvre diable doit être fatigué! Attention, monsieur le journaliste, vous allez voir un des martyrs de la civilisation moderne |

Eh bien, Albert!

ALBERT, avant dientrer.

Voilà! Voilà!

Il entre, un chapeau huit-reflets sur la tête, son maCfarlane laissant voir son habit et son plastron.

LE JOURNALISTE,

Comment, c'est lui?

XAVIER

Je crois...

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