SCÈNE XII HENRI; BERTHE, LOUISE
LOUISE,
Oh! oh! voilà le bel inconnu!
BERTHE
Écoute, Louise, je te permets de te taire.
LOUISE
Il est très gentil garçon!
BERTHE,
Que tu es bêtel Que tu es bêtel Est-ce que tu vas me laisser tranquille?
CS Lo)
LOUISE
Oui, je te laisserai tranquille, mais tu vas me présenter.
BERTHE, à Henri.
Mon amie désire que je vous présente... L'Inconnu... Mademoiselle Louise Ternin.
LOUISE, s'inclinant.
Bonjour, monsieur. Je connais beaucoup de personnes de votre famille...
Ah! vraiment?
LOUISE
Elle est très sympathique, votre immense famille d'inconnus.….
BERTHE
Monsieur est tout de même connu de quelqu'un... De monsieur Barthazard.… (A Henri.) Y a-t-1l longtemps que vous êtes l’ami de monsieur Barthazard?
HENRI
Pas très longtemps... Et vous?
BERTHE
Pas très longtemps, mais mon père l’aime beaucoup. 1l le trouve très intelligent et il a une grande confiance en lui... C’est un très bon garçon, n'est-ce pas?
HENRI
Très bon garçon.
LOUISE
Mais vous n’avez pas l'air convaincu ?
HENRI
Si, si.
BERTHE
Vous l’aimez beaucoup?
Beaucoup.
BERTHE
C’est curieux, je ne vous connais pas depuis très longtemps et ça m'intéresse beaucoup de savoir ce que vous pensez des gens.
HENRI
Eh bien, c’est gentil, ce que vous dites là!
BERTHE
Je me dépêche même de vous dire des choses aimables parce que, quand nous nous connaîtrons tout à fait, ce ne sera plus ça.
HENRI
C’est ça, dépêchez-vous, dépêchez-vous.…
BERTHE
Je vais encore vous faire une déclaration qui sera d’ailleurs la dernière... J'ai une grande confiance en vous, parce que vous avez l’air d’un brave garçon.
HENRI
Oh! il ne faut pas se dire ça trop vite.
BERTHE
Moi, ça me plaît de vous le dire... Je suis sûre que
c’est vrai!
Un silence.
HENRI
Avez-vous beaucoup dansé, ce soir?
? BERTHE
Ah! voilà que vous me connaissez trop, maintenant, vous entrez impudemment dans la banalité. (A Louise.) C’est qu'il est timide. Il ne veut pas trop qu’on dise qu'il est un brave garçon. Voici mon père et monsieur Barthazard.