EDWIGE, ALBERT, LA CAISSIÈRE
ED WIGE.
Eh bien, me voilà.
ALBERT
Je te vois.
ED WIGE.
Ne perdons pas de temps en conversations inutiles. D'abord, tu m'as trompée... avec une créature. Ensuite, tu ne m'as pas dit que tu avais fait un héritage considérable... J'avais deux raisons pour te tuer. Mais j'ai parlé de la situation.à ma mère. C’est une femme d’un
rand bon sens. Elle m'a dit qu'humainement je n’avais q J
pas le droit de tuer un homme qui possédait huit cent
mille francs. Je consens donc, non seulement à te pardonner, mais encore à t’'épouser. Inutile de me remercier. Ne t’imagine pas que c’est pour toi que je fais cela : tu ne le mérites certainement pas... (Albert s'éloigne un peu.) Je ne veux pas que tu m’embrasses, j'ai trop de mépris pour toi! Je suis simplement venue te prévenir pour que tu prépares sans retard tes papiers. Moi, je vais envoyer, dès à présent, une dépêche en Bulgarie et une autre en Suède, pour avoir mon extrait de naissance.
ALBERT
Vous êtes donc née en deux pays différents ?
EDWIGE
Ma sainte mère ne sait plus au juste... Elle n’a Jamais rien compris à la géographie. Je vais au télé-
graphe et je reviens.
Elle sort.
ALBERT, à la caissière.
Ça y est! Je vais être forcé d’épouser Edwige. Je l'ai séduite, je dois l’épouser. Le temps d'arrêter quelques dispositions testamentaires et j'en finirai avec la vie.
LA CAISSIÈRE
Vous êtes foul
ALBERT
Non, je suis las, je ne trouve que déceptions... Il n'y à qu’une seule femme au monde qui m'aime : c’est elle. Vous comprenez qu’il ne me reste plus qu’à me tuer. Elle sera d’ailleurs bien attrapée.
LA CAISSIÈRE
Voilà deux autres personnes.